La traversée de l'Atlantique à vélo... ah non pardon, Paulo et Martin à la découverte de l'Amérique du Sud

Au pays des gauchos

10:00, 3/07/2008 .. 0 commentaires .. Lien

C’est sous un ciel plein de nuages que nous arrivons à Porto Alegre, capitale des gauchos, dans la soirée de ce samedi 28 juin.

 

Sur les indications d’un sympathique brésilien, qui nous met bien en garde contre la dangerosité des rues, nous nous installons à la table d’un restaurant « por kilo ». Principe : on fait notre choix parmi un bon buffet, on pèse l’assiette et on paye le repas au kilo, quel que soit ce qu’il y a dans l’assiette. Et en plus c’est bon !

 

Ce soir-là, nous n’arrivons pas à joindre Fabio, contact que nous avons établi à Porto Alegre grâce au site internet hospitalityclub.org. Nous sommes donc obligés de prendre une chambre dans un hôtel. Ce sera a priori le plus cher du voyage, et loin d’être le meilleur. Ensuite, impossible de retirer des reais, la monnaie ici. 23h, les distributeurs sont fermés, on ne rigole pas avec la sécurité ici ! On se retrouve complètement démunis d’argent. Dommage pour la caipirinha qui nous tentait bien, il nous reste plus qu’à aller dormir.

 

Le lendemain, après avoir réussi à joindre Fabio et pris rendez-vous pour le soir, on part en ballade dans les rues de Porto Alegre. Pour commercer, on tombe par hasard sur une exposition d’art urbain. Vraiment de très belles œuvres. Puis on continue par la visite du musée militaire, avec une bonne partie consacrée à l’histoire du Rio Grande do Sul (RS), très intéressante. L’état du RS a été indépendant pendant quelques années, et même s’il a été réintégré au Brésil, il n’en reste pas moins très indépendant par rapport au reste du pays. D’ailleurs, les habitants de Santa Catarina, l’état voisin du nord, considèrent le RS comme un pays étranger. C’est un peu exagéré, mais ça donne une idée de l’ambiance. On termine la visite de ce musée en nous amusant dans les chars comme des grands enfants ! Et on hallucine aussi devant un panneau qui dit « Être militaire, ça ne s’explique pas, ça se sent ! » et qui vante le statut de militaire…

 

Il sera dit que cet après-midi on tombera bien bas. On termine au cinéma, pour aller voir « sex and the city – le film ». Difficile à croire, n’est-ce pas ? En excuses, on vous dira que j’avais déjà vu l’autre film proposé, et que le moral étant tombé bien bas, après l’excitation de la semaine à vélo et les galères que nous avons subi depuis l’entrée au Brésil. Se poser devant un film et ne pas se prendre la tête, c’est vraiment ce dont on avait besoin ! Et après le film, les galères continuent,  la pire de toute : la carte mémoire de l’appareil se bloque ! Oui, c’est à ce moment. On a passé les heures qui ont suivies à nous remémorer toutes les photos mémorables qu’elle contenait. On se raccroche à l’espoir qu’une fois revenu en France, en la portant au fabricant, le miracle se produise ! Il y avait vraiment de belles photos sur la carte…

 

Heureusement, pour nous redonner un peu le moral, on retrouve enfin Fabio, qui nous emmène chez lui. Sa maison est encore en construction, mais il vit déjà à moitié dedans. Il se construit une grande maison, avec beaucoup de place spécialement pour accueillir tous les voyageurs de passage comme nous. Très sympathique, le Fabio. On découvre avec lui les X (prononcez chis) brésilien, une sorte de hamburgers avec du mais, des petits pois… On discute de voyage, de foot… Porto Alegre est connu pour être le symbole des villes à démocratie participative, une illusion selon lui. Il nous dit que les gauchos sont consultés seulement sur des sujets mineurs, et que leur avis n’est pas toujours respecté.

 

Le lendemain, on part à la découverte de la Serra Gaucha, les petites montagnes au nord de Porto Alegre. Première étape : Canela. C’est une ancienne colonie suisse, et l’architecture du coin est là pour le rappeler. On découvre les réalités du tourisme dans le Rio Grande do Sul. C’est cher et pas fait pour les routards. Les transports en commun sont très peu développés, mais les touristes sont pour la plupart les riches habitants de Porto Alegre qui se déplace en voitures. On élit domicile dans un camping aussi cher qu’un bon hôtel en Argentine… et on finit la journée par une ballade dans une forêt d’araucarias, arbre typique de l’endroit.

 

Le lendemain, on visite le Parque Nacional do Caracol, et sa célèbre cascade de 130m. L’unique bus à destination du parc est celui qui amène les employés pour l’ouverture. On fait donc le voyage en leur compagnie. On se ballade la matinée, le cadre est beau, très beau même. La ballade fait du bien, on est toujours pas remis des galères de ces derniers jours, mais ça commence à aller mieux.

 

On prend ensuite la direction de Cambará do Sul, point de départ pour la visite des parcs des canyons. La Serra Gaucha, qui culmine à une altitude moyenne de 1000m environ, tombe à pic à quelques kilomètres de l’océan, formant de magnifiques canyons. Pour la nuit, on trouve une sympathique cabane à prix accessible, avec eau chaude (ca faisait longtemps) et des lits vraiment super confortables !

 

Par contre, niveau bus, c’est toujours la galère. On arrive tant bien que mal à comprendre l’horaire du départ vers le parc que nous voulions visiter, par contre pour le retour, on sait pas trop, il passe peut être à telle heure, mais c’est pas sur !

 

C’est donc avec la tente et de quoi vivre deux jours, au cas où, que nous prenons la direction du Parque Nacional Aparados da Serra, où on peut admirer le magnifique canyon Itaimbezinho.

Les photos se passent de commentaires. Juste imaginez-vous marcher tranquillement dans une forêt qui ne paye pas de mine, avec toujours plein d'araucarias... 

...et arriver tout d’un coup devant ça :

 

Décidément, les merveilles de la nature oeuvrent à nous faire oublier les misères humaines.

 

En voyant la pluie qui arrive, on oubli notre idée de camping et de retour à pied, et on demande à un couple de touristes gauchos de nous ramener vers Cambará, ce qu’ils font très gentiment. Il ne faut pas que les galères que nous avons connues pendant ces quelques jours nous fassent oublier toutes les belles rencontres que nous avons faites.

 

Finalement, on pose la tente sur la colline qui surplombe la ville pour une belle dernière soirée dans le Rio Grande do Sul. On prend le lendemain la direction de Florianopolis, dans l’état de Santa Catarina.   

Et puisque toute économie est bonne à prendre, nous décidons de rejoindre Floripa (pour les intimes) en stop. Un bus nous descend de la Serra Gaucha et nous pose sur la route principale qui relie Porto Alegre à Florianopolis. Assez rapidement, on est pris par un VRP de HerbaLife, qui parcourt le sud du Brésil pour vendre sa poudre magique. Un personnage bien original, mais vraiment sympa. Il nous pose à Ararangua dans un coin parfait pour autostoppeur : à la sortie d’un rond point avec un bon espace pour que les voitures s’arrêtent. Et nous laisse en cadeau un énorme pain de manioc, finalement assez indigeste.

 

Deux heures d’attente et de nombreuses fausses joies plus tard (les grosses berlines ne s’arrêtaient pas pour nous, mais pour deux prostituées postées quelques mètres plus loin), on se dit que tout compte fait ce coin n’est pas si parfait pour le stop. Mais il ne faut jamais désespérer, et alors que la pluie commence à tomber, on est pris par un jeune brésilien. Pas le temps de faire sa connaissance, sa voiture tombe en rade quelques kilomètres plus loin, nous laissant un peu au milieu de nulle part.

 

On reprend notre mal en patience une paire d’heure et on est enfin pris par un ingénieur, à qui nous demandons finalement de nous emmener à Criciúma où nous prendrons le bus pour Floripa. En effet, il commence à se faire bien tard, et nous n’avons pas fait la moitié du chemin… Très sympa ce dernier chauffeur, Volmir de son prénom. Il a fait pas mal de stop quand il était jeune et nous conseille de faire quand même bien gaffe. Il a eu une histoire assez folle apparemment. Il serait parti, avec presque rien dans les poches, de sa campagne natale pour rejoindre Floripa, trouver du boulot, financer ses études, et finalement bien réussir.

 

On atteint notre destination dans la soirée, c’est le début de l’émerveillement !


Publié à 10:00, le 3/07/2008, Estado do Rio Grande do Sul
Mots clefs :

300 km à vélo, ça use...les fessiers !

10:58, 22/06/2008 .. 0 commentaires .. Lien

Et nous voilà de retour dans cette très belle ville de Salta, contrairement à toute attente. La situation assez tendue en Bolivie nous a “contraint” à réviser sérieusement l’itinéraire, mais il faut savoir se réjouir de ce genre de petites surprises. Et c’est bien ce qu’on a fait à Salta, en retournant dans la chouette auberge de jeunesse où nous avions fait plein de rencontres sympas une quinzaine de jours plus tôt.

 

Fernando, l’un des responsables de l’auberge nous reconnait immédiatement et nous réserve un accueil bien chaleureux. Ayant découvert sa passion pour la viande lors de notre dernier passage, on lui propose une bonne parilla pour le soir-même. Pas de surprise, il accepte l’invitation !

 

Ah les petits plaisirs de l’Argentine, un bon kilo et demi de viande pour trois, une bonne petite bouteille de vin rouge et une partie de billard pour la digestion…

 

 

Le lendemain, grasse matinée un peu trop grasse puisque c’est presque au pas de course qu’on fonce au terminal. Notre bus part en début d’après-midi à Rosario, et les places se faisaient déjà très rares la veille au moment de l’achat, on n’a pas le droit à l’erreur !

 

On monte dans le bus in extremis et on peut enfin souffler, c’est parti pour un nouveau long trajet : quatorze heures cette fois. On ne sait toujours rien sur le concert supposé de Manu Chao prévu le lendemain à Rosario, mais bonne nouvelle, on fait la connaissance d’un argentin, qui a lui aussi eut écho de ce concert et qui compte passer le week-end sur place. On décide de faire équipe.

 

Après une courte nuit et record à battre, un repas servi à une heure du matin dans le bus (on ne leur en veut pas, la compagnie semble nouvelle, et ses prix sont imbattables !), nous voilà donc à Rosario. On apprend très rapidement l’origine des rumeurs du concert gratuit de Manu Chao, et quelle surprise : ce week-end a lieu la célébration du 80ème anniversaire de la naissance d’un certain Ernesto Guevara, originaire de Rosario ! Et comble du bonheur, plus de 50 000 personnes ont fait le déplacement, un parc entier a été mis à leur disposition. Décidément, notre bonne étoile nous suit.

 

Avant d’aller planter la tente dans le parc, notre compagnon de fortune argentin (dont on a lamentablement oublié le prénom… seule excuse, c’était il y a deux mois déjà…), assez fauché, aimerait aller jongler à un croisement histoire de gagner quelques sous. Il faut savoir qu’en Amérique du Sud, il est très commun de voir des jongleurs aux carrefours présentant des numéros le temps d’un feu rouge puis demandant une petite collaboration volontaire aux automobilistes. On se propose donc avec Martin de l’accompagner (bénévolement), histoire de meubler un peu l’arrière de la scène pour ne pas dire de la chaussée ! Un super souvenir !

 

(et pas la moindre photo pour illustrer tout ça, MAUDITE carte mémoire !)

 

On finit par rejoindre le campement, et on se rend compte de l’immensité de la chose. Des associations communistes et révolutionnaires de nombreux pays d’Amérique du sud ont fait le déplacement, ainsi que beaucoup de jeunes gens “non affiliés” à des associations mais souhaitant rendre hommage au Che.

 

On part se ballader dans la ville et on fait rapidement la connaissance d’un quatrième jongleur, Alejo. On arrive malheureusement juste à la fin de la cérémonie d’inauguration d’une imposante statue à l’effigie du Che.

 

 


 

On a raté le discours mais on arrive dans une ambiance très festive. On rencontre un groupe de colombiens étudiant à Buenos Aires, cette fois, l’équipe est au grand complet, la fête peut commencer !

 

 

Au fait, parlons de Manu Chao ! Un concert de clôture de la célébration a bel et bien lieu le lendemain, dans un autre parc, au bord du Parana (ce fleuve qui reçoit les eaux des majestueuses chutes d’Iguazu, et qui fait passer le Rhône pour une rivière avec son lit d’un kilomètre de large ! Sans pitié pour l’orgueil des lyonnais comme vous pourrez le constater). On est contraint de plier la tente et d’évacuer ce chouette parc qui n’était pas mal non plus en camping géant pour jeunes idéalistes. Toute l’équipe prend donc la direction de la scène de concert où tous les espoirs sont encore permis !

 

Arrivés sur place, on explose de joie : la scène est monumentale, cette fois, c’est sûr, c’est ce qu’on espère, il va y avoir un très gros concert :

 


 

Ce n’est pas forcément très visible sur la prochaine photo, mais les techniciens ont installé en plafond de scène une énorme structure de projecteurs en forme d’étoile, petit clin d’oeil de plus au Che.

 

 

Les concerts débutent donc timidement en milieu d’après-midi, et…à la surprise générale et contrairement aux rumeurs qui courent depuis presque un mois pour notre cas, se termineront à 21h… Sans Manu Chao… Sans Emir Kusturika…

 

Un peu déçus, il faut l’avouer, mais quand même, ce fut un week-end riche en rencontres et bons moments. Et même lors de cette après-midi, impossible de ne pas parler de l’émotion qui nous a envahi quand, dans un silence de plomb parmi un public de plus de 20 000 personnes, on a pu entendre le discours qu’avait prononcé Fidel Castro à la mort de son ami et ex compagnon d’armes Che Guevera. Autre moment fort, lorsque ces mêmes 20 000 personnes, nous compris, ont tous repris en choeur la chanson hommage “Hasta siempre comandante”.

 

Comme quoi, pas besoin de Manu Chao pour passer de bons moments, non mais !

 

Pour l’anecdote, on a dormi cette nuit-là dans une salle de cours de la faculté de psychologie de Rosario !

 

Le lendemain, alors que tout le monde reprenait son chemin, avec Martin on a pris la décision de prendre quelques jours de repos dans cette ville où il fait bon vivre, entre autres pour prendre le temps de remettre le blog à jour et pour se mijoter de bons petits plats (les auberges argentines ont l’avantage inconmensurable de disposer de cuisines équipées de fours !). Et ça ne s’invente pas, cette auberge portait le nom de Hostal Cool Raúl ! Très peu de touristes, beaucoup d’argentins travaillant à Rosario, et préférant vivre en auberge pour fuir la solitude. Autant dire que l’ambiance était très familiale et qu’au bout d’une semaine on ne savait toujours pas reconnaitre qui travaillait et qui vivait dans cette auberge !

 

Et deux jours plus tard, sur le point de partir, sacs sur le dos, on a différé une seconde fois notre départ : impossible de refuser à l’invitation d’une partie de foot avec un groupe d’argentins suivie du visionnage du match Argentine-Brésil. Repartir d’Amérique du sud sans avoir tâter du ballon avec des latinos pourrait être interprêté par certains comme un attentat diplomatique !

 

 

On a fini par reprendre la route, en direction… de Buenos Aires, le point de départ de notre voyage (quand on vous dit que notre itinéraire est assez illogique !). Courte étape dans la capitale argentine, avant de rejoindre l’Uruguay. On passe la soirée avec les colmbiens rencontrés le week-end précédent à Rosario, et le lendemain, on en profite pour une session de rattrapage culturelle : on part visiter la célébrissime et chargée d’histoire Plaza de Mayo. Un peu d’histoire : c’est sur cette place que se sont réunies pendant de nombreuses années tous les jeudis après-midi les mères des enfants disparus pendant la dictacture militaire (connus sous le nom hispanique de Madres de la Plaza de Mayo). L’Argentine n’a d’ailleurs toujours pas fait de véritable croix sur ce douloureux passé, entre autres parce que certains dirigeants militaires au passé très sanglant disposent toujours de l’immunité judiciaire…

 

Un peu plus léger : l’après-midi, pensant aller jongler dans un parc de la ville, on a “échoué” ….au zoo ! Alors là, vous pouvez vous estimer heureux que la carte mémoire de mon appareil se soit bloquée, sinon vous aviez droit à la totale : ours polaires, serpents de toutes sortes, pumas, gorilles, lions, zèbres, hippopotames, et tout le tralala.

 

Le soir, après un plat de lasagnes réchauffées au réchaud à gaz en plein milieu du terminal de bus (il faut le voir pour le croire), on a pris la route de Montevideo, Uruguay. Et on est arrivé à destination avec 6 heures de retard, à cause d’un arrêt de 6 heures à la douane ! Déjà qu’on ne se sentait pas d’affection particulière pour les douaniers, mais alors quand à trois heures du matin ils te demandent dix fois de suite si tu es sûr qu’un sac que tu vois pour la première fois de ta vie ne t’appartient pas, là on craque !

 

Arrivés à Montevideo, pas encore rassasiés de bus, on se paye un petit supplément jusqu’à une cité balnéaire (complètement désertique, ici c’est l’hiver) du nom de Punta del Este. C’est là qu’on souhaite réaliser notre plan machiavélique intitulé, accrochez-vous, comme dirait Michel Blanc : “Sur un malentendu ça peut marcher ! ”.

 

L’idée a germé dans nos esprits dans un moment de béatitude au zoo de Buenos Aires : on veut envoyer nos gros sacs à dos bien lourds jusqu’au Brésil en bus, trouver un loueur de VTTs à Punta del Este en plein saison morte, rejoindre le Brésil en VTT en longeant la côte Atlantique avec nos petits sacs à dos, la tente et tout et tout, récupérer nos gros sacs et renvoyer les VTTs par bus au loueur.

 

Et c’est une fois arrivés à Punta del Este qu’on a commencé à prendre conscience de la difficulté logistique de la chose, sans parler du fait qu’il faudrait trouvé un loueur de VTTs suffisemment confiant en l’espèce humaine pour nous laisser partir 5 jours avec ses montures !

 

Mais quand je vous dis que notre bonne étoile nous suit, ou alors que nous évoluons dans ce qu’on pourrait appeler “le monde des coïncidences”, écoutez la suite : le premier loueur de vélos ne nous a pas rit au nez mais s’est contenté de nous envoyer promener, à pied bien sûr (en vélo, ça aurait été trop beau). Et le second, après avoir attentivement écouté nos projets , s’est immédiatement enthousiasmé, nous a sorti deux VTTs “dernier cri” de derrière les fagots, nous a proposé une réduction d’enfer avant qu’ont ait le temps de dire “ouf” (3 euros par jour), nous a donné une carte avec son numéro de téléphone pour qu’on l’appelle quand on renverrait les vélos par bus, m’a tout juste demandé mon prénom et nous a souhaité bonne route !

 

Les derniers détails logistiques réglés, c’est-à-dire une fois les gros sacs envoyés par bus à la frontière avec le Brésil, on est parti faire les courses : sucres lents, sucres rapides, fruits secs, fruits frais, nécessaire de réparation, pompe…c’est du sérieux. On part pour 5 jours de vélo et c’est notre première à tous les deux.

 

On boucle nos deux sacs à dos en fin d’après-midi : une dizaine de kilos chacun, entre la nourriture, la tente, le réchaud, la popote, la bouffe, les sacs de couchage et les matelas de sol, difficile de faire moins. On enfile les cyclistes, les blousons, et nous voilà fin prêts pour le départ.

 

(Petite note explicative : pendant ces 5 jours, puisque l’appareil photo de Martin est assez encombrant et aussi parce qu’il roule moins vite, il faut bien le dire (!), c’est moi qui ai mitraillé. Comme vous le savez déjà, toutes ces photos sont perdues, je pousse donc un cri de rage maintenant : AAAAAAAARGGHGGFFRGGGRRRR, et voilà on n’en parle plus et on se contente des quelques clichés de Martin, sur lesquels il n’apparait pas, vu les nombreuses photos que j’avais prises de lui avec mon appareil).

 

Le départ se fait dans une purée de pois, mais peu importe, on est tellement heureux que notre projet machiavélique se concrétise ! La nuit tombe presque immédiatement, on roule donc prudemment une heure, jusqu’à trouver une plage accueillante pour poser le premier bivouac. Riz à la soupe au menu et dodo à 21h.

 

Le réveil sonne tôt le lendemain, on veut voir le soleil se lever et sortir du beau milieu de l’océan. Raté, ce sera purée de pois bis :

 


 

Pas question de se laisser abattre, on plie le camp, prend un petit déj’, enfile le cycliste, le sac à dos et on grimpe sur nos fidèles destriers. On a très peu roulé la veille, et avec le poids du sac à dos, ça fait déjà très mal aux fesses ! Ca promet.

 

 

 

 

Pour vous donner une idée de la classe uruguayenne !


 

 

On a rapidement eu le plaisir de découvrir à quel point nos rapports avec les locaux changent quand on se déplace à vélo : tout le monde vous salue, vous encourage, c’est vraiment agréable, c’est valorisant.

 

Et malgré le mauvais temps, on porte un regard vraiment différent sur les paysages, le rythme du vélo est vraiment propice à la contemplation et à la réflexion.

 

Parlons un peu de l’itinéraire : l’objectif est simple : s’éloigner le moins possible de l’océan, et éviter à tout prix de ne faire que de la route, on a de bons VTTs, il faut les rentabiliser.

 

Première étape : San Ignacio, une cité balnéaire bien particulière puisque tout le village est uniquement constitué de superbes maisons d’architecte, appartenant à de riches argentins et brésiliens.

 

 

 

Comme c’est l’hiver, seuls les gardiens et jardiniers occupent les lieux. En tout cas, la vue est belle :

 


 


 


 

 

 

Afin d’éviter un récit trop indigeste, je vous épargne le détail jour par jour de cette aventure à bicyclette, et je me contenterai de vous donner les grandes lignes.

 

Quelques chiffres : on a donc pris 4 jours et demi pour rejoindre la frontière entre le Brésil et l’Uruguay, on n’a pas compté au mètre près mais on pense avoir atteint la barre des 300 kilomètres, avec une moyenne de 70 bornes par jour. Ca nous laissait un peu de temps pour découvrir quelques plages, des réserves naturelles, des villes de bord de mer…

 

Un des souvenirs marquants de cette virée, c’est que malgré notre flagrant manque de connaissances en ornythologie, on a pu voir un nombre incroyable d’oiseaux, tous dans des styles très différents et assez éloignés de ceux que l’on peut voir dans nos contrées natales. Et pas tant d’animaux morts que ça au bord de la route, bonne nouvelle !

 

Et pour vous donner une idée de la fatigue : on s’est tous les deux couchés avant 22h sans ëtre malade tous les soirs, ce qui ne nous était pas arrivé depuis….. euh, l’école primaire ?

 

On a triché, on avoue, on n’a pas tout fait à vélo, il a fallu prendre un bateau pour traverser un fleuve…

 


 

Autre confidence, nous n’avons pas dormi toutes les nuits sur la plage, la deuxième nuit, on a été obligé de faire un gros détour et de s’éloigner de l’océan. On a dormi dans une petite clairière au bord d’une grosse route. Un peu moins romantique…

 


 

Tentative de lâcher de pieds et de mains sur le vélo ! Sur cette photo, la tentative est vaine, mais sur ma carte de mémoire qui ne marche plus on avait réussi la photo, ARGGGH !

 


 

Pas très honnête de notre part, puisque le soleil a pointé le bout de son nez une seule journée, mais ce sont surtout les photos de ce jour-là qu’on vous montre. Par souci d’esthétisme dira-t-on.

 


 

Ma bécane à gauche, à droite celle de Martin : (désolé pour ce manque d’imagination avec les synonymes de vélo…)

 


 

Tentative de photo semi-artistique :

 


 


 


 


 

Mettre le réveil à l’aube tous les matins n’aura servi à rien : on n’a pas eu le droit au moindre lever de soleil… C’est que là-bas c’est inversé avec la France, le soleil sort de l’océan au lever. Du coup, on a quand même pu voir un coucher de soleil :

 


 

De chouettes bords de mer, déserts car on est en plein hiver. Impensable de se baigner sans combi.

 


 

Le troisième jour, Martin en a eu marre de ses douleurs de dos, et il a trouvé l’astuce en accrochant son sac au guidon et au cadre du vélo. A partir de là, on a pu accélérer le rythme.

 


 

Dernier jour, on passe par un parc naturel entretenu par des militaires mais ouvert au public. La mer est déchainée :

 




 

Faut bien s’amuser un peu :

 


 

A une cinquantaine de kilomètres du Brésil, dernière étape avant le “sprint final” : la fortaleza de Santa Teresa.

 


 

La fortelesse a un passé historique assez mouvementé : ce sont les portugais qui entament la construction en 1762, et avant d’être achevée, la fortelesse sera successivement propriété des espagnols, des indépendantistes (natifs ou non) puis à nouveau des portugais.

 

Le bâtiment est pentagonal, les murs font plusieurs mètres d’épaisseur et ça regorge de canons : on imagine les batailles qui ont dû être livrées ici.

 


 


 


 


 

Pour un peu d’intimité aux toilettes, mieux vaut sortir de la forteresse :

 


 


 

Et on termine sur une note de douceur et de légèreté avec un instrument de torture exposé sur place :

 


L’arrivée à Chuy, la ville mi-uruguayenne, mi-brésilienne a été un grand moment de joie pour nous deux et de soulagement pour nos arrières-trains !

 

On a bien réceptionné nos gros sacs à dos et envoyé les vélos à notre confiant loueur. Et mis à part quelques soucis pour passer la frontière, retirer de l’argent, on a pris la route de Porto Alegre, en bus de nouveau, et on a arrosé cette petite épopée avec du champagne. Martin n’oublie pas ses origines reimsoises !


Publié à 10:58, le 22/06/2008, Punta del Este
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Un peu de sérieux : enquête sur le quinoa et premier aperçu de la complexité bolivienne

02:19, 11/06/2008 .. 0 commentaires .. Lien

Préambule :

 

Un mois plus tard, Porto Alegre : la carte mémoire de l’appareil photo de Paulo se bloque, avec 1GB de photo en mémoire (elle pouvait pas etre plus pleine ! presque 600 photos). Comble de malchance, ces dernières semaines, j’ai très peu mitraillé de mon côté. On perd donc de nombreux souvenirs de notre voyage sur les semaines suivantes, ce qui explique que les prochains articles seront peu illustrés. Croyez bien qu’on partage votre douleur de lire ces articles avec si peu d’images ! 

 

Mais revenons à nos aventures. Uyuni donc, le 8 juin 2008.

 

Le Salar fut magnifique, mais éprouvant. Il nous faudra quelques jours pour s’en remettre. Et on commence même par un tour dans une clinique d’Uyuni pour soigner la turista de Paulo, qui décidément digère mal les légumes crus locaux. Comme le lui a dit sa mère, on ne peut prétendre bien connaître un pays sans faire un tour à l’hôpital. Paulo s’attelle donc à découvrir la Bolivie en profondeur.

 

Après une journée de repos, ça va mieux ! Et on écarte l’idée de partir rapidement d’ici pour trouver un climat plus clément (de mon côté, avec l’altitude, c’était toujours pas ça…). On reste donc à Uyuni pour nous renseigner un peu sur le thème du quinoa (et oui, c’est masculin en français et féminin en espagnol, on en apprend tous les jours !), avec les indications de Solidar’monde. Le quinoa, céréale sacrée des Incas, est une pseudo-céréale andine, cultivée exclusivement en haute altitude. La région inter Salar de l’altiplano bolivien est parmi les principales régions de production du quinoa.

 

Après avoir repris des forces, nous partons donc à la recherche d’informations sur la question. Nous prenons, pour commencer, la direction de la mairie d’Uyuni, où nous rencontrons Freddy Rojas, qui travaille sur le développement économique local, mais qui travaillait auparavant sur la thématique du quinoa. Il est passioné et passionant, et nous apprend plein de choses. On le sent heureux de partager avec nous ce savoir. Ce que nous avons appris sur le quinoa fera l’objet d’un article spécifique, je me contente là de vous raconter nos quelques jours à Uyuni.

 

Nous sommes arrivés bien trop tard pour assister à la récolte qui a eu lieu fin avril-début mai. Notre séjour à Uyuni tombe dans une période creuse du calendrier de la culture du quinoa. La récolte vient de se terminer, et la suivante n’est pas encore en route. On tombe donc au mauvais moment, mais la rencontre avec Freddy Rojas est néanmoins une très belle rencontre. Il nous montre, et nous donne, des photos de la derniere récolte de la quinoa, ce qui nous permet de mettre des images sur ce qu’il nous raconte. Merci Freddy, pour ce moment passé avec toi, et pour ces photos !

 

Pour la suite de notre enquête, il nous donne deux adresses, la SOPPROQUI et la CADEQUIR.

 

La SOPPROQUI (sociedad provincial de productores de quinoa) est une des neuf régionales de l’ANAPQUI, l’association nationale des producteurs de quinoa, un des deux grands regroupements de producteurs de quinoa boliviens. La SOPPROQUI travaille avec 18 communautés de la région d’Uyuni. Sa mission est d’assister au niveau technique les producteurs membres. Le Quinoa d’ANAPQUI est principalement vendu dans les filières de commerce équitable dans notre monde occidental. La production est donc entierement certifiée biologique, d’après ce qu’il nous ont assuré lors de notre visite.

 

Enfin, nous avons terminé notre “tour de la quinoa” par la CADEQUIR (camara departamental de la quinoa real). Nous avons rapidement discuté avec son directeur, qui nous a présenté sa mission. Elle est proche de celle de la SOPPROQUI, c’est à dire assistance technique auprès des producteurs, mais s’adresse à l’ensemble des producteurs de quinoa, alors que la SOPPROQUI, qui est une association de producteurs, travaille uniquement avec ses membres.

 

Puis, bel hasard du voyage, nous avons assisté à la présentation du commerce équitable, faite par un ingénieur de la Fair Trade Labelling Organisation aux producteurs de quinoa. Belle coincidence de passer à ce moment-là. Alors que nous connaissons bien le commerce équitable du point du vue de consommateurs, nous l’avons découvert du point du vue des producteurs lors de cette présentation. En effet, l’accent était mis sur les avantages que pouvaient tirer les producteurs de ce type de relations commerciales, et sur les contraintes que ça leur imposait.

 

Après avoir atteint le summum du tourisme avec les 4 jours de tour en 4x4 dans le Salar, ce fut vraiment passionant de se plonger dans le quotidien de cette ville d’Uyuni, en nous intéressant au thème de la quinoa, plus qu’important puisque c’est la principale activité du coin, avec l’élevage de lamas et les tours dans le Salar. Ca nous a poussé à sortir du centre-ville « tout beau tout propre » où fourmilllent agences de tourisme, restaurants et hôtels, et découvrir la face cachée de la ville.

 

Après ces quelques jours d’enquête sur le quinoa, il est temps pour nous de reprendre la route. Jusque-là, le programme était globalement respecté, et la suite bien définie : Potosi-Sucre, puis le Brésil en traversant le Paraguay. Mais sur un coup de tête tout a changé. La route pour Potosi bloquée par des mineurs, l’appel de la route trop fort, un bus qui part pour Tupiza, via une route qui vient de se débloquer, la route de l’Argentine…   10 secondes de réflexion, on part, on part pas ?? Allez, tant pis, on reviendra en Bolivie, il faut bouger là, retour vers l’Argentine !! Ou comment remettre en cause le programme si bien ficelé pour les 2 mois et demi qui suivent !

 

C’est l’occasion de faire une petite parenthèse sur la situation Bolivienne, complexe. On ne prétend absolument pas avoir tout compris à ce qu’il se passe dans ce pays, pour plus d’info, on trouve tout sur internet (mais aussi n’importe quoi, alors faite attention !!). Juste, nous souhaitons vous faire partager ce que nous avons découvert.

 

La Bolivie a élu il y a deux ans Evo Morales, premier président indigène de l’histoire du pays, de gauche bien entendu. Il a reçu le soutien actif du vénézuelien Hugo Chavez, ce qui a pu être mal vu ici. Evo mène apparemment depuis son élection une politique tournée vers les plus pauvres : nationalisation des ressources du pays, et utilisation des dividendes de ses importantes ressources (de gaz notamment) pour des programmes sociaux nationaux : alphabétisation, réduction de la pauvreté et de la faim… Il faut savoir que la Bolivie est le pays le plus pauvre d’Amerique du Sud, avec 60% de la population en dessous du seuil de pauvreté.

 

Le pays est géographiquement coupé en deux, avec à l’ouest l’Altiplano, les hauts plateaux andins, et à l’est les plaines, l’Amazonie. Globalement, les régions du croissant oriental du pays sont plus riches : elles concentrent les ressources du pays, et les activités économiques s’y développent mieux que dans les régions de hautes altitudes. Ces régions orientales voient donc d’un mauvais œil l’utilisation faite des ressources du pays, qui servent à financer des programmes nationaux, qui, au final, touchent avant tout les habitants de l’altiplano, où la pauvreté est plus forte qu’ailleurs.

 

Menées par la région de Santa Cruz, les régions de l’est ont proclamé tour à tour leur autonomie, de façon anticonstitutionelle, menant le pays dans une impasse. Pour solutionner ce problème, Evo Morales a proposé que les mandats présidentiel et préfectoraux soient remis en jeu lors d’un referendum le 10 août 2008, ce qui a été accepté par les préfets des neuf régions. Affaire à suivre donc !

 

En plus de ces revendications séparatistes, le pays est témoin d’une forte rivalité entre La Paz, capitale effective, et Sucre, capitale constitutionnelle qui réclame le retour du gouvernement. Le racisme anti-indigène est très présent, notamment à Sucre. Et à tout cela s’ajoute le problème des mineurs de Potosi, oubliés par les autorités dans leurs pénibles conditions de travail, et à l’origine de nombreux blocages de routes, dont celle que nous voulions prendre. Ceci est pour vous donner une idée de la situation, c’est ce que nous avons découvert lors de notre passage en Bolivie, ce dont nous avons entendu parler, mais ce n’est surement qu’un apercu de la complexité du problème bolivien, il nous reste encore beaucoup de chose à découvrir. Mais fin de la parenthèse pour le moment.

 

 

Nous nous retrouvons donc à Uyuni, avec la route vers Potosi bloquée, le souhait de ne pas nous diriger dès maintenant vers La Paz, et un bus qui part immédiatement vers Tupiza et l’Argentine. C’est donc un peu sur un coup de tête que nous décidons de revenir sur nos pas, pour la première fois du voyage. Ca a son charme aussi, on retrouve des lieux connus, des visage connus…

Nous passons la nuit à Tupiza, avant de repasser le lendemain la frontière avec l’argentine. On retrouve Natan, qu’on avait croisé dix jours auparavant. Il nous explique que ça bloque aussi par ici : la ville est restée comme morte pendant quelques jours. Magasins, écoles, marché… fermés, la ville seulement animée par les enfants jouant dans les rues. On passe la soirée avec lui, un israélien et un couple de québécois. On découvre leurs travaux d’artisananat pendant qu’ils échangent leurs techniques, et on termine par un concert privé de Natan : charango, harmonica et chant. Magnifique ! Tout ça nous donne des idées, à suivre…

 

Après cette belle soirée, nous prenons le bus vers 4h du matin direction Villazon pour ce qui restera sans doute le pire trajet du voyage. Le bus, pas chauffé, parcourt des route impossible dans le froid glacial de la nuit. Nos pauvres pieds !! impossible de dormir, on passe deux heures à essayer de se couvrir un maximum avec le peu qu’on a pour souffrir le moins possible. Pas fous les boliviens qui nous accompagnent, ils ont pensé aux couvertures, eux !

 

Arrivés à Villazon, on se laisse happé par un demarcheurs pour une compagnie de bus. Ils nous vend un billet pour un bus qui est sensé partir de Villazon en direction de Salta. On attend une heure… Finalement il faut aller traverser la frontière à pieds, prendre le bus qui part peu de temps après du coté argentin. On est accompagné par un employé de la compagnie qui nous laisse en rade une fois la douane passée.  On se dirige vers le terminal de La Quica, le coté argentin de la frontière, pour apprendre que le billet coute en réalité 20 pesos de moins, et qu’il part cinq heures après… Roulés comme des débutants ! Finalement, moyennant une petite rallonge, ils nous trouvent des places dans un bus d’une autre compagnie, qui part à l’instant.

 

Le passage en Bolivie fut court, mais si tout va bien on revient bientôt. L’avion pour la France étant prévu à la mi-aout de Lima, il nous faudra bien repasser par la Bolivie. Mais ca sera pour dans quelques temps. Pour le moment, on va pousser un peu plus loin notre découverte de ce magnifique pays qu’est l’Argentine !

Que le vayan bien todos !!

ps : pour le coup, il nous reste vraiment pas beaucoup de photos pour illustrer cet article. Mais pourquoi ai-je mis mon appareil au chomage technique cette semaine là ??? Bon ça sert à rien de se plaindre, je vous rassure les prochains articles seront quand même un peu plus illustrés...


Publié à 02:19, le 11/06/2008, Uyuni
Mots clefs :

Monts et merveilles salées du Sud-Lipez et d'Uyuni

03:42, 7/06/2008 .. 0 commentaires .. Lien
 

Ce sont simplement les merveilles qui sont salées, pas les monts, donc il n’y a pas de faute d’orthographe dans le titre je vous préviens !

Décrire les paysages époustouflants que nous avons vu durant ces quatre jours ne relève pas de l’impossible mais exige un talent, un don artistique dont nos parents ne nous ont pas dotés… Mais nous ne leur jetons pas la pierre, et nous nous contenterons d’essayer de retranscrire par photo ces décors improbables. Pour illustrer ce petit avant-propos, l’un des déserts que nous avons traversés porte le nom de Desierto de Dalí, en hommage à l’artiste espagnol qui réalisa un tableau représentant ce désert alors qu’il n’en connaissait pas l’existence.

 

 

Pour visiter cette partie du sud de la Bolivie, il y a l’embarras du choix, des agences, de la ville de départ… On a opté pour partir depuis Tupiza, d’abord parce que c’était sur notre route (!), et surtout parce que c’est moins cher que depuis le Chili et que l’on peut consacrer 3 jours au Sud-Lipez avant d’atteindre le fameux Salar d’Uyuni, ce désert de sel qui s’étend sur plus de 12 000 kilomètres carrés !

 

On a donc pris notre courage à deux mains et on s’est lancé dans le tour complet des agences de Tupiza. Les deux dernières finalistes furent une petite agence bien sympathique qui tournait depuis deux ans, et la “multinationale locale”, l’agence dans laquelle se précipitent tous les touristes car c’est la seule recommandée par les guides tels que Routard ou Lonely Planet. Pour l’anecdote, malgré toutes les médisances des propriétaires sur le président bolivien Evo Morales, ils étaient sur le point de le recevoir dans leur hôtel, le plus cher de la ville, lors de sa venue deux jours plus tard. Mais bon, on a tous nos contradictions.

 

La petite agence nous proposait un tour en 5 jours, un jour de plus que le tour classique, parce qu’ils incluaient l’ascension d’un volcan culminant à plus de 6 000 m. Mais Martin ne se sentait pas trop d’attaque, et comme on n’a trouvé personne d’autre pour se joindre à nous, on s’est rabattu sur la grosse compagnie qui avait l’avantage de remplir les 4*4 et donc de proposer des tarifs bien plus avantageux…

 

C’est en compagnie d’un anglais, de deux irlandais (qui à notre grand malheur ne parlaient pas un mot d’espagnol…), d’une cuisinière et d’un chauffeur bien expérimenté (et il faut bien ça) que nous sommes partis en 4*4 (comme je le disais plus haut, on a tous nos contradictions, moi le premier).

 

Rentrons sans plus tarder dans le vif du sujet.

 

Une fois les sacs, la nourriture, l’eau et l’essence chargés sur le toit (tout ce qu’il sera impossible de trouver dans ces coins désertiques), arrive enfin le moment du départ.

 

Une heure et demie de route plus tard, premier point de vue. Il faut reconnaître qu’au début on était frustrés de ne pas découvrir ces paysages à pied, ça semble un peu trop facile de descendre du 4*4 et de sortir l’appareil photo, mais on s’est vite rendu compte que les conditions climatiques particulièrement rudes rendent ces régions vraiment hostiles aux randonneurs, et que même en 4*4 on n’est pas à l’abri de gros soucis.

 

 

Des cactus chevelus et blonds, du jamais vu !

 

 

 

Sur cette photo, on voit la route par laquelle on est arrivé à ce point de vue, et on comprend pourquoi il ne faut pas parler au chauffeur quand il conduit…

 

 

 

La sélection de photos pour cet article a été particulièrement difficile (ah la magie du numérique) donc on s’est fait plaisir et ce sera sûrement l’article le plus imagé avec une bonne soixantaine de clichés.

 

Nous nous arrêtons pour le premier repas de midi au bord d’un plateau abriant des centaines de lamas, élevés pour leur viande et leur laîne. C’est là que l’anglais a commencé à se sentir mal à cause de l’altitude, le pauvre passera 4 jours dans un sale état, profitant guère des paysages.

 

 

Sur les deux prochaines photos, Martin et moi avons été incapables de nous mettre d’accord : à vous de nous dire si vous préférez des fesses de lamas bien cadrées ou des lamas de face moins bien cadrés dirons-nous :

 

 

 

Pour vous donner une idée de la taille d’un bébé lama, sont-y pas mignons tous les deux ?

 

 

On reprend la route, nouveaux pasysages, changements de couleurs, de reliefs, et une petite photo avec le 4*4, il en fallait bien une.

 

 

 

Fin de la première journée, on arrive dans un village qui semble être complètement coupé du monde. On se lance dans l’ascencion d’une colline qui surplombe le village pour se dégourdir les jambes et profiter du coucher de soleil. L’éclairage n’est pas optimal mais ça donne une idée :

 

 

Première nuit de ce tour perchés à 4 200 mètres d’altitude quand même ! Mais on ne perd pas l’appétit pour autant et on se remet péniblement à l’anglais, pas d’autre choix si on veut discuter avec nos camarades de tour. La nuit tombe vraiment tôt, et les températures aussi. Après une vingtaine de degrés pendant la journée, le mercure passe en négatif. Mais il parait qu’on a de la chance qu’il n’y ait pas de vent !

 

Dans ce village sans éclairage et avec de l’électricité uniquement par batterie, on a eu droit à un des plus beaux ciels étoilés de tout le voyage. Je suis déjà en admiration quand je reviens de Lyon et que je redécouvre les étoiles depuis le Forez, mais alors là, c’était surréaliste.

 

Après cette fraîche nuitée, on se lève à 5 heures pour la journée la plus longue du tour. Premier lever de soleil :

 

 

La première pause de la journée a lieu dans les ruines d’un village construit par les colons espagnols. En effet, dans cette région des mines de divers matériaux ont été creusées, des mines dans lesquelles travaillaient les indigènes, vous vous en doutez, dans des conditions déplorables… Il y a une vingtaine d’années, des Boliviens se sont réétablis dans ce village, mais les conditions de vie étaient trop dures et le village a été une nouvelle fois abandonné. Ainsi se mêlent les ruines de bâtiments de deux époques bien lointaines.

 

 

 

On reprend la route.

 

 

Et on a droit à notre première crevaison :

 

 

Le chauffeur change la roue en un temps record, mais il n’y a qu’une roue de secours, croisons les doigts !

 

Le repas préféré des lamas :

 

 

On apreçoit ensuite notre premier lac de sel, on ne s’est pas beaucoup rapproché car il contient des minéraux qui lui donnent une odeur nauséabonde, ce n’est pas une blague, ça se sent à des kilomètres à la ronde :

 

 

Sur cette photo, on voit le fameux Volcán Uturuncu, qui culmine à 6 008 mètres. C’est un des sommets de plus de 6 000 m les plus accessibles au monde, car il existe une route qui mène à une mine de soufre située à environ 5 500 mètres. Et il “ne reste plus” que 500 mètres à parcourir, sans aucun passage d’escalade ou d’alpinisme. C’est avec d’autant plus de nostalgie que je le vois s’éloigner, c’est peut-être ma seule chance de monter à plus de 6 000 mètres qui me passe sous le nez…

 

 

Une autre photo du même volcan :

 

 

On traverse même des rivières avec le 4*4, ça y est on est conquis !

 

 

 (c’est de l’ironie, qu’il n’y ait pas de malentendu)

 

Pause pique-nique au bord d’un autre lac de sel, bien moins odorant je vous rassure !

 

 

On reprend vite la route, on a pris du retard sur les autres 4*4 apparemement. La prochaine étape constitue la seule et unique opportunité de se laver de tout le tour : il s’agit des eaux thermales ! Un petit bain dans une eau naturellement chauffée à presque 40 degrés, ça ne se refuse pas, surtout avec une telle vue :

 

 

 

C’est au bord de cette piscine naturelle que l’on retrouve Johan, un ami hollandais que l’on avait rencontré à quelques milliers de kilomètres de là, sur le Pacifique entre Puerto Natales et Puerto Montt !

 

Notre chauffeur écourte le bain et les retrouvailles, il reste beaucoup de route avant d’atteindre le village où l’on va passer notre deuxième nuit.

 

L’étape suivante, pas des moindres, nous permet de découvrir deux merveilles de notre vieille planète : la Laguna Verde et le Volcán Licancabur. Ce lac à la couleur vraiment improbable et ce volcan sont des cibles très prisées, même la NASA en a pris des photos par satellite. On a du mal à croire que ce soit naturel, que ça puisse exister. Je vous laisse juger par vous-mêmes avec les photos suivantes, sachant que je trouve que la couleur du lac ne ressort pas autant qu’en vrai. Le volcan que l’on voit en arrière-plan est un autre géant, de 5 920 mètres, et lui non plus ne requiert pas de connaissance en alpinisme ou escalade, mais son ascencion est plus physique que celle de l’Uturuncu, car on part de bien plus bas. Le cratère contient d’ailleurs un lac de la même couleur que celui qui est à ses pieds.

 

 

Ce volcan a un côté mystique : il était utilisé par les civilisations précolombiennes pour y réaliser des sacrifices, et il est fortement déconseillé de s’y aventurer sans un guide indigène qui effectuera tout un rituel avant d’entamer l’ascension. Pour l’anecdote, pendant notre tour des agences, un guide nous a expliqué que deux touristes italiens avaient refusé d’engager un second guide, indigène et connaissant le rituel, en voyant que le volcan ne présentait pas de difficulté particulière. En cours de route, l’un des deux a préféré abandonné, le second est arrivé au sommet avec le guide, et s’est perdu en voulant aller prendre des photos. Il a été retrouvé trois jours plus tard, sur un autre versant. Il a survécu grâce à son expérience d’alpiniste, dormant le jour et marchant la nuit pour ne pas mourir de froid. On ne sait pas ce qu’il y a de vrai dans cette histoire, mais le guide nous a fait un récit si passionnant qu’on a vraiment eu envie de le croire.

 

 

On a ensuite traversé le fameux Desierto de Dalí, dont je vous ai parlé plus haut :

 

 

 

Puis dernière étape de la journée, juste avant le seul passage du tour à plus de 5 000 mètres, les geysers :

 

 

 

 

Cette grosse journée se termine dans un village tout aussi isolé que la nuit précédente, mais cette fois le temps est moins clément, il fera presque – 10 degrés durant la nuit. Martin a passé une journée bien difficile à cause du “soroche”, le mal d’altitude, et je vais passer la plus mauvaise nuit de tout le voyage : une très grosse fièvre, la température du corps qui ne cesse de faire le yoyo, impossible de trouver le sommeil, le temps qui passe au ralenti…

 

On se lève tant bien que mal le lendemain, apparemment on n’a pas été les seuls à passer une sale nuit, ça rassure.

 

Première pause au milieu d’un désert entouré de montagnes, volcans, et où des formations rocheuses témoignent du talent de l’érosion :

 

 

 

 

Ce rocher est connu sous le nom d’ “Arbre de pierre” :

 

 

Petite grimpette, pour se remettre de la mauvaise nuit et vous donner une idée de l’échelle :

 

 

Et pour changer de point de vue, sur ces paysages dont on ne se lasse pas…

 

 

 

 

 

A défaut de voir un puma, on aura quand même vu une vigogne sauvage !

 

 

Encore un lac et encore un volcan…

 

 

 

Puis on arrive à la Laguna Colorada, ce n’est pas flagrant sur les photos, mais l’eau de ce lac est vraiment de couleur ocre, c’est moins fou que vert émeraude comme la Laguna Verde mais c’est quand même bien impressionnant, surtout avec les centaines de flamants roses qui occupent ces eaux colorées :

 

 

 

 

 

Nouveau lac, nouveau volcan, décidément :

 

 

Mais celui-ci a la particularité d’avoir le cratère fendu, de telle sorte que l’on distingue très bien la partie de la crète restante, et on imagine la force de l’éruption qui a pu déplacer autant de roches :

 

 

 

On a eu droit à un peu de marche à pied, tout de même, afin de s’épargner une portion de route particulièrement escarpée.

 

 

Au détour de deux rochers, avant de se mettre à table pour le troisième pique-nique, on est tombé sur deux fossiles parfaitement conservés ou presque :

 

 

 

La vue était vraiment chouette, même la couleur du ciel semblait incroyable :

 

 

 

 

Malheureusement, lors de la deuxième crevaison, il a fallu sacrifier l’un d’entre nous. Pas de chance c’est tombé sur moi…

 

 

Le sort a fait que ce sacrifice tombait le jour d’une grève de la SNCF, ouf !

 

Petite halte au poste de douane, en amont de la frontière avec le Chili. Ca ne doit pas être la folle ambiance tous les jours par ici…

 

 

Et dernière étape avant d’ateindre notre refuge pour la nuit, dans le village natif du chauffeur. Petite photo semi-artistique et c’est reparti :

 

 

Pour cette troisième et dernière nuit, on est redescendu à 3 600 mètres d’altitude, et on ne s’en plaint pas ! Le sol de l’auberge ainsi que les sommiers sont en sel, on se rapproche du Salar.

 

 

Et en effet, on a dormi au bord du Salar, et le réveil sonne suffisamment tôt pour aller admirer le lever de soleil cette giganstesque mer de sel assèchée.

 

 

 

Si notre mémoire est bonne, l’épaisseur de sel atteint les 40 mètres.

Et au beau milieu du Salar émerge l’Ila des Pescador, une île jonchée de cactus immenses, qui rend encore plus invraisemblable ce lieu magique :

 

 

 

 

La surface du Salar s’organise naturellement en hexagones, et toutes ces arêtes constituent ses voies respiratoires. Pour plus de renseignements, merci de consulter un géologue !

 

 

Petite photo de “l’hotel de sal”, celui-là est entièrement construit en sel. Pas de chance, on n’avait plus un sou et on n’a pas pu acheter la friandise qui fait office de ticket d’entrée !

 

 

C’est à ce moment précis que Martin et moi, par un phénomène géologique que nous n’expliquons toujours pas, nous nous sommes transformés en géants. L’occasion rêvée d’exprimer notre ressentiment contre les 4*4 :

 

 

Martin, vicieux comme un chat, joue avec sa proie avant de la tuer :

 

 

 

Et m’offre ce festin :

 

 

L’anglais, quant à lui, a préféré ingurgité l’Irlandaise.

 

 

Blagues à part, on a crevé une troisième fois, en plein Salar, et notre chauffeur avait eu nouvelle fois eu la présence d’esprit de réparer la roue de secours !

 

 

Dernière halte assez étrange avant l’arrivée à Uyuni, un cimetière de trains !

 

 

Va savoir ce que cette formule d’Einstein vient faire ici…

 

 

 

Ce n’est pas très lisible mais sur la photo suivante, on peut lire inscrit sur la locomotive : “On recherche un mécanicien expérimenté, c’est une urgence”, c’est bien de ne pas perdre le sens de l’humour!

 

Une photo de notre cuisinière et de notre chauffeur, qui ont vraiment été irréprochables. Pour eux, et en particulier pour le chauffeur, le tour est extrêmement éprouvant : notre chauffeur, une fois ses 8 à 12 heures de route achevées, il fallait encore réparer les roues crevées, réviser le 4*4… Et ils nous ont expliqué qu’ils pouvaient repartir dès le lendemain pour un tour de 4 jours. Avec Martin, on est ressorti bien épuisés de ce tour, en particulier moi puisque j’ai gagné une visite à l’hôpital le lendemain !


 


Dernière photo de l’article, prise à Uyuni, ça refroidit un peu :

 

 

Traduction : La patrie doit vive, c’est pourquoi nous devons mourir.

 

On vous laisse sur cet élan de militarisme, à très bientôt, prenez soin de vous !

 

Paulo et Martinos


Publié à 03:42, le 7/06/2008, Salar de Uyuni
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BOLIVIA !!!!

03:25, 3/06/2008 .. 0 commentaires .. Lien

Cette fois-ci, c’est parti pour de bon, on prend la route de la Bolivie. Et déjà, la faune change….

 


 

La frontière entre la Bolivie et l’Argentine coupe une ville en deux, d’un côté La Quiaca, Argentine, et de l’autre Villazon, Bolivie. Et un unique pont relie les deux pays. Sur la photo qui suit, on distingue ce pont en arrière-plan, et pour ceux qui ont de bons yeux, vous pouvez voir une file de personnes sur ce pont. C’est par là que se fait l’échange de marchandises entre les deux pays. Très peu de camions traversent le pont, les marchandises sont déposées aux extrémités, et de nombreux hommes et femmes passent leurs journées à faire des allers et retours entre les deux côtés avec des sacs énormes sur le dos. C’est assez hallucinant à voir, de loin on a l’impression d’une fourmillière humaine.

 


 

Une fois la frontière passée, on se lance à la recherche de la gare ferrovière d’où, apparemment, part un train pour Tupiza dans les heures qui viennent. Une fois les billets achetés, il est temps de se restaurer. On choisit pour ce midi-là un comedor qui propose un dejeuner à un prix dérisoire. Notre première expérience culinaire en Bolivie. Eh ben, on n’est pas déçu…. Après une assiette de carottes rapées, au gout de terre bien prononcé, la soupe est plutot bonne. S’en suit un morceau de viande où l’os a une place plus que prépondérante, accompagné d’un légume qu’on n’a pas encore réussi à identifier. Autant dire que l’estomac était peu rassasié après cette aventure culinaire. On se rattrape avec un paquet de gateaux, des tartines de dulce de leche et un maté partagé avec Daniel, un argentin rencontré la veille à Humahuaca, qui prend le même train que nous en direction de Uyuni.

 

Et c’est donc le départ du train, notre premier train du voyage. Celui-ci serpente pendant des heures que nous ne voyons pas passer au milieu de paysages toujours plus beaux, alors que le soleil se couche. C’est assez magique une fois de plus.

 


 


 

Et c’est l’arrivée à Tupiza, en début de soirée, alors que la nuit est déjà bien tombée. Nous avons choisi Tupiza comme point de départ du tour dans le Sud-Lipez et le Salar de Uyuni. Notre séjour sera donc court, juste le temps de préparer l’excursion, et de vider les cartes mémoires avant les prochains jours qui s’annoncent magnifiques !

 

On en profite pour faire le point sur notre itinéraire, qui ressemble encore à quelque chose pour le moment  :

 


 

Comme il était impossible d’enchainer directement avec l’excursion, on profite de la journée à Tupiza pour découvrir la ville…

 


 

Pour le repas du midi, on nous oriente vers le premier étage du marché. On monte donc…

Et voilà ce qu'on dévoucre !


Et oui, derrière une bache orange, on découvre la salle à manger du marché, où de sympathiques cuisinières servent des assiettes bien remplis. 

Après "Sous les pavés, la plage", "Derrière les gravats, la gastronomie bolivienne" !

 


 

Tu viens, tu regardes ce qu’il y dans les casseroles, et tu choisis. C’est le principe de ce comedor, principalement fréquenté par des locaux (on était les seuls "visages pâles" ce jour là). L’assiette nous rempli l’estomac et nous réconcilie avec la nourriture bolivienne.



L’après-midi, encore assomé par l’altitude, je prends un peu de repos pendant que Paulo prend de la hauteur pour découvrir les alentours de la ville.

 



 


 


 

Hasard du voyage, nous sommes de passage à l’accasion de l’anniversaire de la ville. Ce soir là, Tupiza est en fête. Au programme, défilée avec les militaires du coin, les notables, les écoliers, les associations.

 


 


 


 
S’en suit un concert avec un groupe formé par les enfants d’une communauté du coin. Musique traditionnelle, avec flutes de pan, percu et autres instruments bien locaux. C’est pas pour être méchant, mais ils ont vraiment besoin d’accorder leurs flutes…

 

En fuyant cette cacophonie andine, on découvre la rue où a vraiment lieu la fête populaire. 

 


 

Artisanat, rhum, sandwichs… et plein de monde. La rue est bondée. On teste les spécialités du coin : sucumbe (rhum, lait chaud, sucre de canne), punch très épicé, sopaipilla (une sorte de galette frite)… Les habitants du coin se marrent de voir nos gueules d’occidentaux avec un verre de sucumbe à la main. Du coup, on échange des sourires, on trinque, on s'amuse… Vraiment une belle soirée, qui nous rechauffe le coeur, après la journée passée à écumer les agences de tourismes pour trouver celle qui nous emmènera le lendemain. C’est notre premier vrai bon moment en Bolivie, et quel souvenir !! 


Publié à 03:25, le 3/06/2008, Tupiza
Mots clefs :

Et ça monte !

09:21, 1/06/2008 .. 0 commentaires .. Lien
La remontée vers la Bolivie continue donc, avec comme escale suivante la petite ville d’Humahuaca, située dans la quebrada du même nom. On a appris la veille la signification du terme “quebrada”, qui designe une gorge, une vallée, un ruisseau. C’est un terme assez général.

 
Effectivement, pour rejoindre la ville d’Humahuaca, la route traverse une sorte de vallée probablement creusée par une rivière maintenant asséchée. Et ca donne ça :

 


 

Le changement est total par rapport à ce qu’on a pu voir auparavant. En montant en altitude (Humahuaca est situé a 3000 m), le climat devient très aride. Le soleil est très fort toute la journée, et la nuit le froid est extrême. On decouvre les rudes conditions climatiques des Andes. Et ce n’est qu’un aperçu avant la Bolivie.

 

On part a la recherche d’une auberge sympathique où poser nos pénates pour la nuit. L’occasion de commencer la découverte de cette ville complètement dépaysante.

 



 

Une fois nos sacs posés dans une agréable "casa de familia" (pas d'enseigne, on entre par la porte du garage, et la cuisine fait aussi office de chambres à coucher, mais c'est tellement plus convivial !), on continue la découverte de la ville en prenant un peu de hauteur.


 


 

Et en parcourant les rues, ce qui nous permet d’admirer cette jolie fresque qui reflete bien l’ambiance et la philosophie du coin :

 

 

Pour les non hispanophones, la phrase inscrite au dessus du dessin pourrait se traduire ainsi : “Nous sommes une culture qui avance dans un monde globalisé”

 

L’arrivée à Humahuaca, c’est aussi la découverte du Soroche, le mal de l’altitude, qui touche plus ou moins chacun d’entre nous. Pour moi, c’est plutot plus que moins, et Paulo profite de la torpeur dans laquelle je suis plongé pour me flasher la gueule en beauté, alors que nous traversons le pont de la ville, qui rappelle qu’une rivière coulait ici.

 

 

Cette première journée est donc consacré à la découverte de la ville, et à l'acclimatation à l’altitude. Le lendemain, on part se ballader. Un peu au hasard, on monte sur les hauteurs  à coté de la ville. Le paysage qui nous entoure est très sec, la terre est rouge, les roches de toutes les couleurs, et on rencontre à chaque détour de chemin des cactus aux formes les plus bizarres.


 


 


 
En prenant de la hauteur, le paysage devient vraiment magnifique. Une nouvelle fois, les photos se passent de commentaires.

 


 



Et puis la grimpette continue.

 


 


 


 
On découvre à la fin de la montée une plaine, très plate, avec au loin des montagnes toujours plus belles, et des couleurs plus folles.

 


 
Allez, une petite photo souvenir en haut de l’ascension, et ca repart…

 



On se rend compte alors de l’extraordinaire travail de l’eau qui a creusé cette vallée pour y couler tranquilement. Et former par la même occasion des paysages magnifiques qui laissent rêveurs.

 


 


 


 


 


 


 


 

On se ballade une paire d’heures le long de la crête. On monte, on redescend, et on profite à fond de ces paysages toujours extraordinaires.

 


 


 


 


 


 

Le cactus est une espèce très répandue par ici. On redescend au milieu d’une forêt de cactus, et notre ballade nous a permis de rencontrer de sacrés specimens :



La photo suivante fait l'objet d'un grand jeu-concours (sans oblogation d'achat ni de gain) :


Votez pour le titre le mieux adapté à la photo suivante, ou tentez votre chance en proposant votre propre intitulé !

1) Des cactus et des hommes (plaggiat dites-vous ?)

2) Sommet environnemental de Bali : des débats épineux mais toujours pas de décision concrète

3) Chérie j'ai rétréci Martin (attention, grosse culture cinématographique exigée pour comprendre cette blague)

4) .... à vous de jouer !



Et sur la photo qui suit, vous pourrez constater à quel point l'homme a à apprendre de son confrère le cactus : regardez avec quelle galanterie, quelle élégance, quelle classe et quelle ... excitation le cactus mâle porte le cactus femelle jusqu'au lit conjugal.

(On s'excuse par avance pour cette blague vaseuse, mais pour se donner bonne conscience on se dit qu'il en fallait au moins une sur le blog...)



 

On termine ce séjour argentin par une soirée très sympa en compagnie de : (de gauche à droite)

Facu, qui tient l’auberge, Daniel, argentin en voyage, qui va nous accompagner un moment sur les routes boliviennes, et un équatorien de passage, dont on a oublié le nom, désolé. Encore des visages marquants, qui resteront longtemps dans nos souvenirs. On est d'ailleurs toujours en contact avec Facu.

 



C’est fini pour l’Argentine. En route pour la Bolivie !!

C’est du moins ce qu’on croyait à ce moment, mais la Bolivie réserve bien des surprises. La suite dans le prochain épisode…


Publié à 09:21, le 1/06/2008, Humahuaca
Mots clefs :

Petit signe de vie avant la Bolivie

07:49, 1/06/2008 .. 5 commentaires .. Lien

¡ Buenas tardes todas y todos !

Alors tout d'abord des explications de ce silence radio : une fois arrivés à Valparaíso, on a pris le temps de mettre à jour le blog et de raconter la remontée du Chili.

Mais on a ensuite appris qu'il fallait que l'on se rende au plus vite en Bolivie, à Uyuni, pour rencontrer les producteurs de quinoa au moment de la récolte de cette pseudo-céréale andine, à savoir début juin. La quinoa est un des produits phare du commerce équitable, et la demande accrue en Europe pose des problèmes du côté des producteurs : complications écologiques, chamboulement du mode de production...

D après Solidarmonde, il y a des choses intéressantes à découvrir pour les novices que nous sommes.

On s'est donc mis en route pour la Bolivie dimanche dernier, 25 mai (date anniversaire de l'indépendance de l'Argentine), en repassant une dernière fois la frontière chilio-argentienne. Et depuis, le rythme est trop intense pour prendre le temps de raconter en bonne et due forme cette derniere quinzaine, timing quinoa oblige...

Et demain, on quitte définitivement l'Argentine pour entrer en Bolivie. On ne sait toujours pas quand on trouvera un cyber avec une bande passante suffisante pour charger les photos (ici à Humahuaca, nord-ouest de l'Argentine, en pleine cordillère des andes, ce n'est déjà plus le cas...).

 

Tout ce que l'on peut vous dire pour le moment, c'est qu'on est en pleine forme, à plus de 3 000 m d'altitude, que Martin a eu un peu plus de mal que moi à s'habituer à l'altitude (chacun ses maux, moi la mer, lui la montagne, il y a une certaine justice !) et qu'on mettra à jour le blog dès que possible.

On peut d'ores et déjà vous dire qu'il y aura de chouettes photos, enfin ca reste notre avis...

Mais motus et bouche cousue en attendant.

Vos mails et commentaires nous font beaucoup`de bien, n'hésitez pas à nous donner de vos nouvelles même quand on ne vous en donne pas...

Et une pensée toute particulière à ceux qui préparent, révisent ou passent des partiels : ce n'est pas de la provoc', c'est une pensée sincère pour vous toutes et tous.

 

Paulo et Martinos

 


Publié à 07:49, le 1/06/2008, Humahuaca
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Salta : Forest, Meat and Sun

07:39, 30/05/2008 .. 2 commentaires .. Lien
 

Arrivée à Salta à 7 heures du matin après une courte nuit dans le bus, sous un ciel bien gris. Le temps de trouver une auberge, de prendre une douche et un petit déj’ et le ciel s’est complètement dégagé.

La journée s’annonce plutôt bien : il y a un cerro depuis lequel on peut voir toute la ville, et il y a un asado prévu le soir-même dans l’auberge.

Ca, c’est du palmier heureux :

Pour accéder au Cerro San Bernardo, celui depuis lequel on a une vue complète de la ville, il faut passer par un quartier qui semble assez riche vu la taille des maisons. Les chiens errants y mènent une vie bien paisible !

Salta, entre les style d’architecture et les monuments catholiques, a vraiment été marquée par l’histoire :

Le Generlal San Martin, el libertador de l’Argentine :

C’est d’ici que commence la grimpette jusqu’au sommet du Cerro San Bernardo. La montée se fait dans une sorte de forêt,  on commence à voir la ville de haut :

Et depuis tout en haut, la vue est vraiment sympa :

Par contre, ils ont pas pu se retenir de mettre une croix géante…

On a même eu le droit à une apparition divine, pas de chance, Martin prend la photo à peine trop tard…

On ne se lasse pas de la vue !

Pour les fainéants, il y a même un téléphérique. (Ca y est, ça fait 30 minutes de marche et ça se prend pour des sportifs…)

On a coupé par la forêt pour la descente, c’est là que Martin s’est pris pour Indiana Jones :

Quelques photos de la ville et de ses bâtiments coloniaux :

Au milieu des orangers de la place 9 de Julio :

Puis retour à l’auberge pour un nouveau festin de viande ! Ah ces argentins, ils savent bien vivre. Et en plus, il y a un bilard dans l’auberge ! Avis aux futurs colocs, avec Martin on a envie d’essayer de se fabriquer un billard pour l’appart l’an prochain : affaire à suivre.

Le lendemain, réveil matinal pour aller se ballader dans la quebrada (les gorges) de San Lorenzo, à une vingtaine de bornes de Salta. Le ciel est gris comme la veille au matin. Finalement, ça se prête bien à l’ambiance de la quebrada : une forêt humide, beaucoup de brume, des arbres morts, pas d’oiseaux…

Oncommence à prendre de la hauteur, et on se rapproche de la barre nuageuse qui nous cache le soleil :

Au milieu d’une prairie, rencontre embrumée avec un cheval noir, qui semble sortir de nulle part : ca rajoute de la magie à cette forêt !

Séquence frissons dans la forêt mystérieuse :

Plus on grimpe et plus on voit…que dalle, ah si des nuages.

Jusqu’au moment où, comme la veille, en 30 minutes, le ciel se dégage, et la forêt perd toute sa magie…

Quoique…

C’est vraiment fou le changement d’ambiance avec le changement de ciel :

Et pour finir la balade, on est tombés nez à nez avec un rocher qui était la parfaite fusion géométrique de la France et de Patrick l’étoile de mer…

Nouvelle bouffe à l’auberge, fondue de fruits au chocolat pour pas perdre les bonnes habitudes et le lendemain on reprend la route direction Humahuaca, dernière étape avant la Bolivie, à 3 000 mètres d’altitude. On est parés, on a acheté des feuilles de coca à San Lorenzo !

Toujours les mêmes consignes : portez-vous bien et donnez-nous de vos nouvelles !

Paulo et Martinos


Publié à 07:39, le 30/05/2008, Salta
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On a marché sur la Lune !!

12:41, 28/05/2008 .. 0 commentaires .. Lien

Après une courte nuit à Valle Fértil, on part à la découverte du Parc National Ischigualasto – Valle de la Luna. Ce parc est perdu au milieu de nulle part, et se visite uniquement en compagnie d’un guide. Vu la beauté de site, c’est plutôt bien qu’il ne soit pas en accès libre et dégradé par des âmes insensibles. Et puis la visite est d’autant plus intéressante avec les commentaires de quelqu’un qui s’y connait.

 

Quelques explications avant les photos… Il y a 70 millions d’année, les plaques Atlantique,  Pacifique et Nazca se rencontrent, provocant la formation de la cordillère des Andes. Les forces tectoniques provoquées par la collision des plaques exercent de fortes contraintes sur la croûte terrestre. Ces contraintes font alors ressortir des couches de l’écorce terrestre enfouies depuis des millions d’années. C’est ainsi qu’à l’endroit où nous nous trouvons est ressorti, par un basculement de 125º, des couches de roches formées pendant la période du triasique, au début de l’ère secondaire (ou Mézozoïque pour être précis), il y a entre 250 et 200 millions d’années.

 

D’après le guide, il existe très peu sur Terre de témoins facilement visibles de cette période. La région d’ischigualasto est donc un paradis pour les géologues, étant donné le caractère unique du lieu et son extraordinaire témoignage des temps passés. Les différentes couches visibles permettent de retracer l’histoire des lieux et d’en déduire les climats, et en général l’état de la Terre à ces époques. Par exemple, une couche grise, poussière volcanique, témoigne d’une période de grande activité volcanique. Une couche noire, riche en carbone, traduit un climat humide, une grande végétation. Ainsi, de l’étude des couches et de leur composition, on déduit  l’histoire de la Terre.

 

  

 

Les fossiles que l’on peut observer dans les roches sont aussi des excellents témoins de ces temps reculés.

 

 

Sur les deux prochaines photos, on voit bien les différentes couches par leurs couleurs respectives. Chaque couche correspond à une époque du triasique (je vous renvoi à vos cours de géologie pour le découpage de l’échelle des temps). A la vue de ces paysages, on comprend le nom donné au Parc. Vallée de la Lune !   

 

               

Après les mouvements tectoniques, c’est l’action du vent et de l’eau, la magie de l’érosion, qui a découvert les roches. Et sculpter au passage des formes extraordinaires. La nature est un grand artiste !

 

 

 

 

 

 

 Chose extrêmement rare, de la neige est tombée cette nuit. C’est exceptionnel ici, au point où même le guide se ballade avec son appareil pour prendre en photo son lieu de travail !

 

 

Les cactus ne savent plus où se mettre…

 

 

C’est là, entre les dinosaures, les lacs et les volcans, que PAF, ça a fait des Chocapic ! (Rassurez-vous, on ne paye pas encore de droits à Nestlé pour ce genre de blagues bidon…).

 

 

C’est en fait des fruits pétrifiés qui ont formé ces étranges boules. La matière organique est devenue inorganique pour devenir comme de la pierre.

Enfin, on termine le tour au pied d’une gigantesque et magnifique falaise rouge. On n’a pas vraiment compris d’où elle sortait… On s’est contenté de la contempler…

 

 

 

 

On termine ce passage à Ischigualasto par une visite du musée. Culturelle fut cette journée !! En plus d’être un extraordinaire témoin géologique, le parc recèle de non moins extraordinaires traces de la vie à cette époque.  Malgré la découverte du fossile d’un des premiers dinosaures il y a une cinquantaine d’année, Ischigualasto a longtemps négligé par les paléontologues, jusqu’aux années 1980. Depuis une petite trentaine d’années donc, les paléontologues parcourent le parc à la recherche des traces de vie à l’époque du triasique, à l’époque des amphibiens, des reptiles et des premiers dinosaures.

 

Les recherches sont plutôt un succès. De nombreux fossiles ont été mis à jour, dans des états très variables, mais ils ont permis de découvrir des espèces qui ont vécu là il y a plus de 200 millions d’années, et  de construire les modèles des premiers dinosaures.

 

 

 

On termine la journée avec une petite ballade dans les alentours de la Torre, hameau perdu où nous attendons pendant quelques heures le bus pour La Rioja. Des belles montagnes stratiphiées, des rencontres avec des cactus tous plus fous les uns que les autres…

 

 

 

On se croirait à Disneyland avec ce genre de cactus…

 

 

 

 

 

Pour cette nuit, de la route nous attends, toujours plus au nord !! La prochaine étape sera Salta, on se rapproche peu à peu de la Bolivie…

 

 

 

 

 

 

 


Publié à 12:41, le 28/05/2008, Valle Fértil
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Champagne, montagnes et bananes enragées

10:49, 27/05/2008 .. 0 commentaires .. Lien
Dimanche 25 mai, au petit matin, on reprend la route vers Mendoza. La dernière nuit à Valparaiso a été courte… Ou plutôt, il n’y a pas eu de nuit ! Il faut dire qu’on squattait le salon de la Grande Familia, et qu’entre la fiesta et le bus qui partait tôt le lendemain, on a rapidement oublié l’idée de dormir ce soir-là.

C’est donc après une belle nuit blanche qu’on reprend la route. Comme vous pouvez le deviner, on a peu profité du paysage au debut du voyage, et pourtant il y avait de quoi en prendre plein les yeux ! Pour retourner en Argentine, il faut traverser les Andes. Paulo s’est réveillé au milieu de montagnes jonchées de cactus et de rochers sur une route en lacets, puis ce fut la lutte contre le sommeil jusqu’à la frontière.

Difficile de comprendre le cheminement de la route sur cette photo!  Des paysages de fou donc, des hautes montagnes, des passages à plus de 3 000 m d’altitude, au pied de l’Aconcagua, sommet des Amériques !

Arrivée à Mendoza, capitale du vin argentin. Ca nous change completement de Valparaiso, c’est plat, carré (toutes les rues sont perpendiculaires), mais l’ambiance de la ville est agréable. Le hasard faisant bien les choses, on revient en argentine le jour de la fête nationale ! C’est donc dans une belle ambiance festive, de foire, qu’on parcourt les rues de Mendoza, alors que la nuit tombe.

On dégote une sympathique auberge, avec une piscine chauffée mais pas d’eau chaude, une cuisine mais pas d’ustensiles pour cuisiner, un billard mais pas de boules… Mais quelle piscine, ca rattrape tout ! 

Du coup, pour passer le temps on sculpte des bananes pour leur donner un esprit maléfique…mouhahahaaha !

 Après les 10 jours de pause à Valpo, l’appel de la route est trop fort, et après quelques photos de la place principale de Mendoza (ci-dessous), on part plus au nord, direction San Juan.

 

San Juan est également une ville agréable, un repère de mendecins : c’est hallucinant le nombre de cabinets médicaux qu’on croise au cours de notre ballade dans la ville. Après notre arrivée, on consacre la soirée à préparer un bon programme pour le lendemain, et des bons petits plats pour le soir-même…

 

En ce mardi ensoleillé, l’objectif est de dérouiller un peu les chaussures de marche. On commence par un peu de culture, avec la visite des caves de Zonda, où se fabrique du vin selon la méthode champenoise (pour ne pas dire champagne, respectons les AOC). Une visite rapidement expédiée par un guide économe en salive. Mais l’occasion d’apprendre qu’il existe 3 caves au monde creusées dans la montagnes, les autres, notamment en champagne, sont enterrées, et de découvrir qu’ici la deuxième fermentation se fait en cuve, à la différence du champagne de chez nous, qui fermente en bouteille.

 

La cave est en fonctionnement depuis une vingtaine d’années. A l’origine, c’était un projet de tunnel routier, initié dans les années 1920. Le projet a été abandonné avant la fin de la construction. Le tunnel partiellement creusé a donc été converti en cave de champagne.

Après cette visite, on prend rapidement de la hauteur, dans ces belles montagnes, rocailleuses. Très peu de végétation sur les hauteurs. Le climat a l’air bien sec par ici.

Sur cette dernière photo, vous pouvez deviner à gauche 7 chemins. Le coin a fait l’objet de pas mal de projets d’aménagement, dont cette idée loufoque de 7 sentiers les uns au dessus des autres. Mais l’entretien a l’air relativement difficile, et les chemins sont de moins en moins praticables. Le plus haut permet quand même  une belle ballade. On se faufile au milieu des montagnes et on découvre le paysage sur la vallée de l’autre versant…

 

Et puis ca sera pique-nique sur les hauteurs, accompagné de notre achat à la fin de la visite… Faut bien goûter les produits locaux !

 … et qui ne peut se terminer sans le fameux maté, tradition locale qu’on a rapidement adoptée !

Après ce modeste pique-nique, la randonnée reprend sur le ” 7ème chemin” (ca sonne super mystique !) et lorsqu’au détour d’une montagne apparait un énorme circuit automobile, on commence à se poser des questions sur les ingrédients de leur champagne… Mais ce n’est pas une hallucination, il y a bel et bien un circuit au milieu de ces magnifiques paysages, et comme le chemin s’arrête ici, il faut joyeusement descendre par un pierrier assez raide.

J’en connais un qui aurait été heureux de venir faire chauffer les pneus de sa MI-16 sur ce circuit !

Pour finir cette belle journée, petit détour spatial, pour aller se recueillir devant la vierge de Lourdes…

 … avant de rentrer vers San Juan, en stop, à l’arrière d’une petite camionnette.

 De la route nous attends encore ce soir là. On veut rejoindre rapidement la Bolivie, et donc on ne prend pas le temps de se poser, on avance, on avance… cap au nord !  Direction San Augustin de Valle Fertil, petite bourgade au milieu d’une jolie vallée, parait-il. Le temps nous manque pour découvrir le coin. Cette ville est le point de départ pour la visite du parc Ischigualasto – Valle de la Luna. Prochaine étape de notre périple…

Un gros bisous à vous tous ! 


Publié à 10:49, le 27/05/2008, San Juan
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Valparaiso de mi amor

10:41, 25/05/2008 .. 0 commentaires .. Lien

“Valparaíso de mi amor”, c’est le titre d’une chanson, écrite en l’honneur de cette incroyable ville, jouée aux touristes pendant leur déjeuner !

 

Un peu de stabilité spatiale, toujours plus de distortion temporelle, c’est en ces termes que l’on pourrait résumer notre séjour dans la ville portuaire.

 

Pourquoi donc ? Parce que pour la première fois depuis le tout début du voyage (à savoir à La Plata chez le Pierrot), on a dormi plus de deux nuits de suite au même endroit, et mine de rien ca compte. Et que malgré ca, notre notion du temps était toujours aussi distordue.

 

Valparaíso, qui vient de Valle del Paraíso, inutile de traduire ! Un tout petit peu d’histoire pour vous donner une idée de la ville avant les images. Valpo (pas seulement pour les intimes, aussi pour les fans !) doit principalement son développement à son port : c’était le premier port dans lequel les marins faisaient étape après le passage du Cap Horn, quelque 2 000 kms plus au sud. Imaginez ces hommes ayant affronté la mort (beaucoup de bateaux sombraient lors de ce périlleux passage), arrivant à bout de force dans cette “vallée paradisiaque”, où d’innombrables bars et bordels allaient allégrement compenser toutes les frustrations accumulées pendant ces pénibles jours de navigation ! Ca a changé depuis ! Mais le grain de folie est resté, du moins à ce qu’on a pu en voir.

 

La ville compte avec un port gigantesque qui bourdonne d’activité en permanence. A notre arrivée, il y avait même un porte-avions américain (“Born in the USA !”) faisant étape dans le port, déversant un équipage de 8 000 hommes et femmes dans la ville… C’est bon pour le tourisme !

La ville s’organise autour du port, le centre borde l’océan Pacifique, c’est ce qu’on appelle le Plano, tirant son nom de son relief…très plat. Mais tout le charme de cette ville vient du fait qu’elle s’est construite sur toutes les collines se dressant de part et d’autre du centre. Et il y en a pour toutes les couleurs, tous les dénivellés, tous les types de construction… Un vrai bonheur de se perdre dans le labyrinthe de passages, raidillons et escaliers parcourant toutes ces collines. Les potes revenant d’un an d’échange nous avaient pourtant prévenus : “ Valpo, c’est le quartier de la Croix-Rousse à l’échelle d’une ville avec la touche latino-américaine en plus”, ca ne nous a pas suffi pour ne pas nous couper le souffle en débarquant là-bas !

 

Assez parlé, place aux images.

 

Et comme vous pourrez le voir, on joue la carte de l’honnêteté : sur les 10 jours passés à Valpo, les 6 premiers ont été épouvantables niveau météo (nos premiers jours de pluie du voyage on va pas se plaindre non plus !) donc on montre des photos avec des ciels gris, c’est le jeu.

 

 

 

(Dans l’arrière-plan de la photo précédente, on imagine – très dur à distinguer vu la taille de la photo – le plafond de toute l’Amérique, l’Aconcagua, que l’on voyait par chance ce jour-là, du haut de ses 6 959 m).

 

 

 

Avouez que c’est plus chouette avec le ciel bleu quand même…

 

 

 

Un petit commentaire avant la prochaine photo : toutes ces collines jonchées de maisons multicolores commencent à voir naître un phénomène inquiétant…des immeubles, malgré les revendications de nombreux habitants de la ville. A croire que les promoteurs immobiliers ont plus d’arguments (traduire plus de billets verts) que les revendicateurs.

 

 

Sur la photo ci-dessus, prise au pied d’un immeuble de beaucoup trop d’étages en construction, le panneau publicitaire vante la vue depuis ces futurs appartements sur le Pacifique et le reste de la ville : “Un horizon para ti”, ca démange de rajouter “et une vue de merde pour tous les autres…”

 

Voilà. C’était l’instant coup de gueule “Bouh, les immeubles à Valpo c’est nul”.

 

Une petite photo de la plage la plus proche du centre, histoire de vous montrer le Pacifique même si c’est vraiment pas là qu’il est le plus beau.

 

 

Une photo du marché couvert où il fait bon acheter ses fruits et légumes, avec à l’étage des petits restaus aux spécialités de la mer super bon marché. C’est là qu’on a eu droit à la fameuse chason “Valparaíso de mi amor”, interprêté par un bonhomme qui avait un coffre suffisant pour faire un concert acoustique au Stade de France !

 

 

Pour ceux qui n’ont pas le courage de regagner leur maison haut perchée à pied, en colectivo ou en micro, il y a encore les fameux ascenseurs, sensations fortes et bruits inquiétants garantis !

 

 

Coucher de soleil depuis les hauteurs et c’est le coup de foudre pour Valpo…

 

 

Valparaíso, ville culturelle par de nombreux aspects.

 

Tout d’abord, elle a vu grandir, vivre, écrire et mourir le poète Pablo Neruda, dont la maison, “La Sebastiana” a été aménagé en musée.

 

 

Ensuite, ses peintures murales en font une véritable oeuvre d’art. J’en connais (pour ne pas citer Billy, Alex et Flo) qui se seraient ruinés en bombes de peintures tellement tous les murs de la ville sont dédiées au graff ! Les photos suivantes sont pour vous les gars, savourez, on a bien pensé à vous en admirant tout ca.

 

Sur la première photo, on peut lire “Grafiti es cultura”. On leur pardonne la faute d’orthographe “curtura” au lieu de “cultura”, on ne peut pas être si bon peintre et un pro de l’orthographe (à moins qu’il y ait un jeu de mot ou un autre sens qu’on n’ait pas compris, dans ce cas si quelqu’un s’en apercoit, merci de nous le faire savoir, qu’on passe pas trop longtemps pour les idiots du voyage !)

 

 

 

Même sur les épiceries :

 

 

Celui-ci, c’est notre préféré, attention les yeux : (Billy, Alex et Flo, ou Francois, Nox…on vous paye des bombes à notre retour et vous nous faites le même sur le camion ?!)

 

 

 

 

 

 

La dernière photo illustre une super idée de la ville, à savoir faire un musée à ciel ouvert, avec une vingtaine de peintures murales longeant un parcours au milieu des raidillons. Malheureusement les peintures vieillissent, et ne sont pas forcément transcendantes en comparaison aux murales “sauvages”, bon concept quand même ! Ca va nous sembler grisounet les murs de Lyon… On espère que la campagne “Murs blancs, peuple muet” bat son plein, et que la patrouille anti-graffs/affiches/crottes de chien (à croire que tout cela soit comparable) de notre Gérard Collomb régional piétine.

 

 

Martin a été surpris de voir qu’ici aussi les vélos étaient perchés, certains comprendront. (Moi, j’ai pas compris !)

Dernière photo : Valparaíso, ville culturelle et ville engagée. A notre arrivée, toutes les universités étaient en “paro” et même en “toma”, à savoir en blocage puis en occupation depuis pas loin de trois semaines. Sur l’une des banderoles on peut lire :

 

“Bonne fête Maman,

Parce que tu m’as appris à me battre,

Je participe ici à l’occupation pour une éducation de qualité.

Ceci est mon cadeau “

 

 

Ce n’est pas que pour cette ville magnifique que nous sommes restés aussi longtemps. Le passage à Valpo a été l’occasion de revoir et de passer un peu de temps avec Co et Matthias (Co surtout, Matthias avait profité du blocage de la fac pour prendre quelques semaines de vacances entre l’Argentine, l’Uruguay et le Brésil). On a donc passé les 10 jours chez eux, où on a été royalement accueillis !

 

Je vous explique l’arrivée. Grâce aux indications de Mika (un grand merci au passage), on trouve sans grande difficulté le pasaje Temuco. Trouver le numéro 5 est un peu plus compliqué… Nous voyant perdus, des jeunes chiliens nous abordent, nous demandant : “Hola Hola ! vous cherchez la ‘grande familia’??”… “On cherche le numéro 5, on est des amis français de Co, vous connaissez ??”… “Bien sur, c’est là. On se disait bien que vous avez des têtes d’amis de gens de la maison. Par ici, ‘la grande familia’…”

 

“La grande familia”… C’est une maison où vivent 12 personnes, chiliens principalement, mais aussi des français et un brésilien. Une sorte de communauté où il fait bon vivre.

 

 

Le soir où on est arrivé, ils avaient prévus une reunion communautaire. Certains de retour, des nouveaux… et pas mal de chose à clarifier. La vie à plusieurs a besoin de ses moments de dialogue. C’est sûr que ca doit pas être facile et naturel tous les jours… Imaginez 12 personnes, dont 4 couples, vivant dans une maison avec une seule salle de bain, une cuisine pas si grande, et surtout seulement 4 chambres… Il en faut des discussions pour que ca se passe bien… Mais ils y arrivent apparemment, l’ambiance est magique dans ce lieu. D’après Co, la recette, c’est de la sincérité, des concessions, et après c’est que du bonheur !

 

Du coup, en tant qu’invités pas concernés par cette reunion, on s’est retrouvé derrière les fourneaux. A peine arrivés, nous voila chargés de préparer un repas pour 18 personnes… Quelle responsabilité ! Avec JB, arrivé il y a peu de temps aussi, on s’en sort pas trop mal… Et une première soirée à Valpo plutôt réussie !!

 

 

 

A droite, Carla. Au centre, Nico. Tout deux habitant la maison. Nico fait des études de psycho. Carla est une artiste, elle fait notamment un sketche musical les mardis soirs dans un bar du coin. Elle arrive en France en juillet normalement… On la verra surement du coté du Karna, depuis le temps qu’elle en entend parler… 

 

 

De gauche à droite, Séba, Martin et JB. Séba est acteur de théatre. Ils montent un projet à 4, qu’ils espèrent bien montrer en France, au cours d’une tournée dans un futur proche. On les attends avec plaisir sur les planches du Karna l’année prochaine !! JB est un nouveau diplomé (insa toulouse) converti en marin-voyageur. Avant d’arriver à Valpo, 3 jours auparavant, il venait de descendre toute la côte atlantique de l’Argentine, passage du Detroit de Magellan et remontée vers Valpo par les canaux de la Patagonie chilienne, comme équipier sur un voilier. Avant ça, il avait traversé l’Atlantique, toujours sur un voilier, entre le Portugal et le Brésil.

 

La maison est située sur le cerro Bellavista… Comme son nom l’indique, les hauteurs de ce cerro offrent une jolie vue sur Valparaíso. Quel que soit le temps…

 

 

 

 

Ici aussi, ils aiment les grandes peintures et les murs colorés.

 

 

Il faut dire que la maison est remplie d’artistes. Il y règne en permanence un petit air de folie agréable, un esprit festif quasi permanent… Et la décoration de la maison contribue grandement à cet esprit (et bizarrement, il y a beaucoup de chapiteaux sur les murs !!!)

 

 

 

Le temps n’aidant pas à trouver une grande motivation, on s’est laissé porter par l’esprit, par l’ambiance… et on n’a pas fait grand chose les premiers jours. Notre principale activité a été la cuisine, et la on s’est gavé… Avez-vous déjà fait des poires belles Hélène pour 16 personnes, et sans chocolat, ni glace à la vanille ?? ben nous oui !! et c’était pas seulement des poires, la preuve...

 

 

Ils ont quand même réussi à nous bouger le cul pour une soirée au Boliche, ambiance tango… Notre premier concert de Tango (même pas à Buenos Aires, j’avoue c’est touristiquement la honte, mais bon on s’en remet bien). Sur la photo qui suit, le guitariste qui recoit un bisou de sa belle Carla... On le reverra souvent au cours des soirées à la maison, souvent avec sa guitare…

 

 

Et puis le soleil revenant, après s’être bien reposés, on s’est motivé les derniers jours. Une belle ballade sur les cerros et le long du port. On a pris aussi un peu de temps pour découvrir le projet sur lequel travail Co. Une communauté qui vit dans une toma, un bidonville, monte un projet pour obtenir une subvention du gouvernement afin de créer légalement un lieu de vie à l’extérieur de la ville. Un projet bien intéressant, mené par des gens passionants. On vous en parlera dans un prochain article, il y a tellement de chose à en dire.

 

Et puis l’apothéose de notre séjour, juste avant de reprendre la route…

 

Le dernier jour au Chili et à Valparaiso fut vraiment mémorable, et on remercie encore Co et Audrey !

 

Ce joyeux couple travaillait depuis un mois et demi dans un ranch à une heure et demie au nord de Valparaíso comme guides accompagnateurs de “cabalgatas”, des chevauchées dans la langue de Molière. (Une pensée pour la team Jean-Christophe Gaumon !)

 

Entre l’occupation de la fac et l’arrivée massive des GIs via porte-avions, ils avaient encadré bon nombre de ballades ces derniers temps et gagné la confiance et la sympathie du proprio du ranch.

 

Une aubaine, parce que le proprio accepta avec plaisir qu’ils nous emmènent Martin et moi pour une cabalgata.

 

C’est donc avec nos guides particuliers et strictement aucun savoir-faire en matière d’éauitation qu’on s’est retrouvé dans ce superbe ranch.

 

 

Une chance que les chevaux chiliens ne soient pas des géants. Ci-dessous nos fidèles destriers d’un jour : Martin a monté celui à la robe noire et moi son pote de gauche. J’aurai bien voulu monté le noir, que je caressais pendant que Co et Audrey finissaient de préparer leurs chevaux, mais soi-disant Martin est plus grand que moi et le cheval noir plus grand que le marron et le plus grand cavalier sur le plus grand cheval c’est la règle et bla bla bla et merde c’est bon je prends le marron. M’en fous de toute facon, c’est celui que je voulais en fait.

 

Rassurez-vous, il m’a fallu moins de 2 mètres pour ravaler ma micro-frustration tant on était heureux de se retrouver perchés sur ces grosses bêtes en pleine nature, et quelle nature !

 

De grandes étendues vertes, histoire de commencer à appréhender nos montures, mettre en pratique les règles de base enseignées par nos guides particuliers, faire un premier trot, traverser des rivières (cheval, je t’en prie bois un coup si tu veux mais ne te mets pas en tête de prendre un bain !)

 

 

Puis arrivée sur la terre promise, des dunes à perte de vue ! Pour une première chevauchée, faut reconnaître qu’on est gâté niveau cadre.

 

 

D’après nos guides, c’est le moment de découvrir le galop. Bon ben si vous le dites, c’est parti ! Même pas besoin de cravacher nos chevaux, ils partent au quart de tour en voyant ceux de Co et Audrey se lancer au galop. Franchement, le galop, c’est diabolique comme dirait Pierrot, on en veut encore !

 

Une chouette photo de nos amis les guides : il faut savoir que pendant les vacances d’été de leur année d’échange à Valpo, ils ont fait l’acquisition de 3 chevaux (2 pour eux et un pour la nourriture et leurs bagages) et sont partis arpenter les terres brésiliennes. Un périple de 800 kilomètres au total, impact environnemental irréprochable, des arrivées remarquées dans les villages traversés, bref ca impose le respect : chapeau bas !

 

 

Juste récompense après ces pénibles galopades : la vue sur l’océan Pacifique, et la lumière du jour qui commence à baisser hé hé :

 

 

 

Comme si le moment n’était pas assez magique, on s’arrête dans un bosquet pour faire une grosse parrilla, halte inévitable de la cabalgata. On est quatre, on est venu avec plus de 2 kilos de viande. Qu’est-ce que vous croyez, ca fatigue de galoper ! Le feu est déjà allumé quand on arrive, par un pêcheur chilien qui vit dans une petite maison au milieu des dunes. Il se fera cuire un steak de lion de mer pour la petite histoire.

 

 

C’est devenu une habitude de vous afficher nos parrillas, ce n’est pas pour vous mettre l’eau à la bouche mais par souci de transparence, que ce soit bien clair.

 

 

Si on avait été en compagnie de nos chéries, je crois qu’on aurait touché la perfection au moment du coucher de soleil dans le pacifique…(prochain voyage mesdemoiselles!).

 

On n’a pas réussi à départager les deux photos qui suivent.

 

 

 

La suite et fin de la cabalgata, c’est sans image pour la simple et bonne raison qu’il faisait nuit…

 

Donc je vais faire vite : on a rejoint la plage au moment où le ciel était à son apogée de lumière rouge, et on s’est lancé dans le galop le plus rapide de la journée, les sabots des chevaux dans l’eau…

 

Un spectacle son et lumière (sabots dans l’eau, ombres des autres cavaliers avec la lumière rougeâtre du soleil et les reflets dans le Pacifique) dont on se rappellera suffisamment longtemps pour en rabattre les oreilles de nos arrières petits-enfants.

 

Ensuite il a fallu traverser un bras de fleuve, puis un pont ferroviaire qui surplombait un autre bras bien plus large. Consignes des guides si un train arrive, se jeter à l’eau, le cheval se débrouillera ! Coup de chance, le train est passé 10 minutes après nous. Le retour au ranch s’est très bien déroulé. Et voilà, fin de la cabalgata. Une nouvelle fois n’est pas de trop : merci Co et Audrey !

 

Au retour de cette belle ballade, une soirée se prépare à la maison, qui promet d’être longue, Samedi soir oblige. C’était la soirée de départ d’une amie de Carla, qui s’envole vers l’Espagne. Ca sera la notre aussi. L’occasion de tripper un peu avec Matthias, qui revient juste de vacances, la fac reprennant son fonctionnement normal.

 

 

La fête fut belle. Et c’est avec une certaine tristesse que nous reprennons la route au petit matin. Ce fut assez difficile de quitter cette ambiance, tous ces gens merveilleux, cette belle ville… On vous remerciera jamais assez, vous tous, pour votre accueil… Ces 10 jours ont été royals, du début jusque la fin !! Que de bons souvenirs !!

 

GRACIAS PARA TODO !!!!

Que las buenas ondas sigan animando esta grande familia…

 


Publié à 10:41, le 25/05/2008, Valparaíso
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La Panamericaine...sur un 35 tonnes !

07:44, 14/05/2008 .. 1 commentaires .. Lien
Suite du voyage donc...

Ce bateau a vraiment été un lieu de belles rencontres. Après avoir partagé la salle commune avec des routards venant des quatre coins du monde (ou plutot des quatres coins de l'Europe, le tourisme reste un plaisir qui n'est pas accessible à tout le monde...), on rencontre, juste avant l'arrivée à Puerto Mont, Salvador, un routier Chilien.
Il remonte vers Santiago dans la foulée, et accepte de nous emmener, Paulo, moi et Lauriane, une francaise, animatrice radio, qui s'est lancée dans un tour du monde de 14 mois, après 7 ans passés à coanimer avec Zébuth l'émission Pop-Rock Station sur RTL2.
Elle nous a bien raconté son experience de journaliste, qui l'a amené à interviewer bon nombre de pointures de la musique (surtout rock) : Pink Floyd, Led Zepellin, Radiohead, RATM, Red Hot, Placebo, Marylin Manson, 50 cents, Sean Paul, ... la liste est longue. C'était bien intéressant d'avoir une vision de l'intérieur de toutes ces rock stars. Et très intèressant aussi sa vision du métier de journaliste musical : les difficultés que peuvent rencontrer tous ces artistes face à la célébrité, les rapports avec les fans et les maisons de disques... et pour elle, notamment, la difficulté de mettre de côté tous les soucis de la vie privée pour être à fond 5 soirs par semaine, à chaque émission.
On a pas mal discuté de tout ca pendant la (longue) route qui nous a emmené jusqu'à Santiago...

A l'arrivée à Puerto Montt, on s'est posé un moment sur le port, en attendant que Salvador règle quelques formalités et prennent la route... L'occasion de faire chauffer nos massues avec en arrière-plan ce fier navire qui nous a conduit jusque-là.




Et puis on prend la route, royalement installés dans la cabine du camion. C'est le grand luxe : chaine stéréo, lecteur dvd... on se relaie sur la couchette pour la sieste, et sinon on profite du paysage qui s'offre à nous depuis les sièges avant. 1 050 kms nous séparent de Santiago, via la panaméricaine, l'unique route qui relie le nord du chili à la région patagonienne.
1 050 kms de ligne droite, on découvre les différents paysages chiliens, qui changent au fur et à mesure qu'on remonte vers le nord.
L'occasion aussi de découvrir les relais routiers chiliens.



Un énorme morceau de poulet au déjeuner, un tout aussi gros morceau de boeuf au diner. On partage le diner avec Aldo, le frère de Salvador, également routier, qu'on avait retrouvé peu de temps auparavant sur une aire d'autoroute. Ils bossent en fait tous les deux pour la petite entreprise familliale de transport. On en profite pour fêter, modestement, l'anniversaire de notre chauffeur !!

Vers 2h du mat, Salvador s'arrête au bord de la route pour dormir quelques heures. Il vient de conduire son énorne véhicule (22 m de long) 14h d'affilée, avec juste deux petites pauses pour les repas... Une question d'habitude d'après lui !!
On expérimente un nouveau terrain pour poser la tente : l'arrière du camion.



Après quelques heures de repos, on reprend la route au petit matin, direction un petit bled à 100km au sud de Santiago, où Salvador doit charger des énormes pièces de fonte pour aller les poser un peu plus loin, dans une fonderie. 35T au total !!
Une petite course avant de rentrer à la maison...



Et nous voila arrivés à destination, Santiago Del Chile. Ou plutot sa banlieue pour le moment...



La chance (ou le destin, ou ce que vous voulez...) a été avec nous, nous a permis de rencontrer des gens vraiment exceptionnels : Salvador et toute sa famille, sa mère Helena, Son frère Aldo et sa femme...
A l'arrivée chez les Pradeñas (puisque c'est leur nom), la table est mise, et une excellente soupe nous attend, chaleureusement préparée par Helena. Dans la foulée, ils nous invitent à dormir chez eux le soir, ils nous emmèneront le lendemain à la gare routière de Santiago pour la suite de notre voyage.
L'occasion de prendre une bonne douche après ce long voyage. On discute pas mal, ils nous font partager l'histoire incroyable de la famille, une histoire marquée par le coup d'état de Pinochet en 1973. En tant que communistes, l'assassinat de Salvador Allende aura de graves conséquences pour eux : les militaires, qui dispodent des listes des ñilitants ainsi que de nombreuses autres informations, viennent enlever le père de famille. Le lendemain, la mère, Helena, part immédiatement à sa recherche, et n'hésite pas une seconde à s'aventurer en terrain ennemi . Elle subira un interrogatoire de 3 heures, ou plutòt elle supportera les coups pendant trois heures. N'empêche que le lendemain, le mari sera ramené chez lui. Comme beaucoup de voisins connaissent les mêmes injustices, elle et son mari décident de mettre en place au sein de leur maison une cantine pour enfants, dont les parents ont été enlevés (ou alors seulement le père, mais la mère est partie à sa recherche).
En cette période de dictature, un tel acte de générosité et de courage est très risqué, mais rien ne les fait reculer. Ils forment les enfants aux interrogatoires qu'ils pourraient subir de la part des militaires : en effet ces derniers ont souvent recours à ces méthodes pour mettre á jour les dissidents. Salvador, leur dernier enfant était particulièrement doué parait-il, pour faire croire du haut de ses 7 ans que son père était un admirateur de Pinochet !
Helena nous raconte en souriant qu'elle ne sait même plus combien de manifestations se sont terminées à la course pour fuire les coups des militaires. Ou alors que leur cantine leur servait aussi d'imprimerie clandestine pour diffuser une contre-information et faire connaître les scandales quotidiens de la dictature. Une famille qui force le respect.


Le soir, Salavador nous invite à une petite virée dans Santiago, avec son meilleur pote Hans. Après la patagonie en ferry, la panaméricaine en camion, voici Santiago by night en 4x4 vitres teintées... l'aventure continue !
Hans est aussi un personnage incroyable, infatiguable bavard (dans le bon sens du terme), c'est un grand connaisseur de l'histoire du Chili, une culture générale exceptionnelle !
Petite visite de quelques célèbres places de Santiago, l'occasion de découvrir quelques pans de l'histoire chilienne au gré des statues croisées, et on finit la soirée autour d'un verre dans un petit bar de la capitale.

C'est vraiment génial d'avoir un apercu d'une ville depuis l'intérieur, surtout en compagnie de gens si accueillants et chaleureux. Dur de ne pas pouvoir leur rendre la monnaie de la piéce en France... On leur a quand même laissé toutes nos coordonnées, sait-on jamais.

Le lendemain, après un dernier bon repas en compagnie d'Helena, et une photo de famille, on reprend la route, direction Valparaiso.

De gauche à droite : Hans, Helena, Paulo, Laurianne, moi et la femme d'Aldo (pas très glorieux mais on a zappé son prénom...)



On vous embrasse.
Martin et Paulo
Publié à 07:44, le 14/05/2008,
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1 500 kms à ferry, ca use...les oreillers, et ca en jette aussi !

05:58, 12/05/2008 .. 1 commentaires .. Lien
Le voici, le voilà, le fameux ferry qui nous a conduit de Puerto Natales à Puerto Montt, soit 1 500 kms de navigation au milieu des fjords baignant dans l'océan Pacifique.




Il porte le doux nom de Puerto Eden, en référence au village du même nom où il effectua son unique escale. Ce village était auparavant une communauté d'indigènes dont il ne reste que cinq représentants aujourd'hui. 156 habitants vivent désormais dans cette station météorologique dont le seul moyen d'acces est la voie maritime. La compagnie avec laquelle nous avons voyagé assure leur ravitaillement, leur communication postale et le transport.

On a donc embarqué comme prévu le vendredi soir, le départ étant prévu pour le lendemaim matin. Il faut savoir que ce n'est pas du tout un ferry de croisière mais un ferry commercial qui a été adapté pour les voyageurs. Malgré trois jours de recherche intensifs, on n'a trouvé ni sauna, ni hammam, ni jacuzzi... Alors on s'est contenté de regarder le paysage, trop dur les vacances !

Premier lever de soleil, juste après le départ.



On avait accès libre au poste de pilotage si on peut appeler ca ainsi (on s'excuse auprès de tous les marins qui seront choqués par notre défaillance lexicale maritime...) - le puente quoi ! - d'où on pouvait admirer tout un tas de machines incompréhensibles, discuter avec le capitaine et ses compères et surtout avoir un des meilleurs points de vue sur le paysage, ou disons le plus abrité du vent !



On était une trentaine de voyageurs à bord en tout et pour tout, une salle commune faisait office de cantine, ciné, bar, salle des fêtes... Alors ca force les rencontres, et franchement on a été gâtés.
Entre autres, on a fait la rencontre d'un couple de varois, tous les deux éduc spés, voyageant avec leur fiston de deux ans et demi, ca a été un vrai régal de partir dans des dicussions sans fin avec eux, notamment sur les coïncidences, la part du hasard et de l'inconscient, les sens et le rôle des rêves... Difficile de retranscrire sur papier, ou plutôt sur clavier ce genre d'échanges, mais on en parlera à notre retour ! On a d'ailleurs des noms de livres à lire à tout prix à notre retour.

Rassurez-vous, on a aussi su se détendre, ambiance colonie de vacances multilingue...



Trois jours sur un bateau, c'est formateur : il faut apprendre à ne rien faire, à se laisser bercer par le ronronnement du moteur, un puissant somnifère ! Une journée type pourrait se résumer à "petit déj, paysage, sieste, lecture, déjeuner, sieste, film, sieste, lecture, apéro, diner, discussions et jeux de cartes, dodo.


Deuxième lever de soleil : on ne s'en lasse pas.



Une des curiosités de la route :



Ce bateau fantôme avait fait une opération suicide : le capitaine voulait provoquer un naufrage volontaire et toucher l'assurance en plaidant l'accident. Il avait pris soin de vendre tout le stock de sucre au précédent port. Malheureusement, le rocher n'a pas suffi à faire couler son navire au fond de l'océan, notamment à cause d'une autre épave elle aussi "accrochée" à ce rocher mais juste en-dessous du niveau de la mer. Le capitaine a essayé de faire croire aux assureurs que son stock de sucre avait fondu dans l'eau, mais ne retrouvant pas le moindre sac, ces derniers n'ont pas mordu à l'hamecon et ont envoyé le malheureux capitaine en prison !

La plupart du temps, nous avons navigué au milieu des fjords, ce qui permettait d'être épargnés de la houle ou de tangage et d'avoir un décor mobile jamais décevant.











 Seulement voilà, tellement emballés à l'idée de voyager sur un ferry, on ne s'était pas imaginés une seule seconde que l'océan pourrait s'énerver et secouer un tel monstre des mers, et le Golfe des Peines nous a pris un peu au dépourvu !

Regardez bien la ligne d'horizon et l'inclinaison du bateau, a donne une idée de la hauteur des vagues. Et oui au fait, le ferry transportait des vaches ! Trois jours entassés dans une remorque, y a de quoi tirer sa révérence aux végétariens, c'est pas chouette comme conditions de vie... Pour l'anecdote, ces bovins partaient à l'abattoir mais allaient avoir droit à un jour de détente avec musique classique (je vous jure que c'est vrai) avant de se faire zigouiller, question de tendresse de la viande !



Histoire de se tester, on a refusé de prendre les pastilles contre le mal de mer...
Résultats des tests : Martin a pas fait le malin, mais il a mangé un repas entier ; moi j'ai mangé un quart de repas, j'ai viré au vert, et je préfère vous laisser deviner la suite. Ah le suggéré, c'est toujours plus agréable !

Par contre, le coucher de soleil de cette journée a été le plus chouette de la croisière, enfin selon Martin, moi je l'ai raté...





La dernière journée de croisière a marqué le retour au calme, on a même eu la chance d'apercevoir au loin quelques dauphins ainsi qu'une baleine, ou plutot le jet d'eau qui fait leur célébrité. Et aussi des lions de mer, ce qui est bien plus courant, on en a vu un peu tous les jours et de plus près.

Et la dernière soirée sur le bateau a été une des plus sympas, ca a pas mal gratouillé et festoyé. Sur la photo ci-dessous, Mathis, le fiston du couple varois et Johan, une des bonnes rencontres de la croisière.



Je laisse le clavier à Martin pour la suite de la remontée jusqu'à Santiago, qui vaut son pesant de cacahuètes...

Gros bisous à vous toutes et tous, on pense bien à vous.

Paulo et Martinos

Publié à 05:58, le 12/05/2008, Puerto Natales
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Un nouveau tampon sur le passeport !!

06:44, 9/05/2008 .. 1 commentaires .. Lien

Après 6h de bus et  le passage de la frontière, nous sommes arrivés, il y a deux jours, à Puerto Natales, une charmante bourgade de la Patagonie Chilienne, perdue au milieu des fjords par 51°43' de lattitude sud !

On profite du temps que nous avons ici, en attendant le ferry qui nous remontera plus au nord, pour découvrir cette jolie ville, dont l'atmosphère change totalement  de l'ambiance hyper touristique de Calafate, et mettre à jour ce blog.

Les cartes mémoires sont vides, les piles rechargées... Nous embarquons ce soir, pour un départ prévu tôt demain. Direction Puerto Montt, en passant  par les fjords chiliens. Ca promet, en espérant que le temps soit avec nous... Ensuite, on a prévu de rejoindre rapidement Valparaiso, en stop. Prochaines nouvelles de là-bas, je pense. On vous racontera la traversée !!

Bisous à tous

On pense bien à vous!!

Suerte Amigos y hasta luego!! 

 

 


Publié à 06:44, le 9/05/2008, Puerto Natales
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Après le géant de pierre, le géant de glace...

06:07, 6/05/2008 .. 0 commentaires .. Lien

Suite et fin de nos aventures en Argentine australe...

A l'auberge, on rencontre une flamande et deux allemandes globe-trotters, qui viennent d'arriver à Calafate, et souhaitent, comme nous, aller contempler la curiosité du coin le lendemain.

Par souci d'économie et pratique, on propose de louer une voiture à 6. Ce qui sera fait vers 13h, après quelques heures de recherches, négociations, attentes... Et nous prenons alors la route, direction El Glaciar Perito Moreno ! Ce qui ne se traduit pas par "petit chien marron" comme on pourrait le croire (le petit chien, c'est perrito). Franscisco Moreno fut un personnage important de l'administration des parcs nationaux, c'est lui qui donna son à ce glacier. "Perito" veut dire "expert".

Après 75 km on découvre enfin ce magnifique géant de glace : 14 km de long, 4 km de large, 55 m de haut au dessus du lac. Impressionant, on s'en pas vraiment compte sur les photos.

 

 

Ce monstre est vivant ! il grandit de 2 m au centre et 40 cm sur les bord chaque jour !! En permanence, des bruits, des grincements, des grondements... résonnent autour de nous.

En avancant, il vient se heurter à la péninsule de laquelle nous l'observons, et ainsi bloquer la circulation de l'eau entre les deux lacs. Le niveau des lacs ne s'équilibre plus et l'un monte plus que l'autre. Au maximum, il y a eu jusqu'à 30 cm de différence entre les niveaux des deux lacs, ce qui provoque une forte pression sur la glace. Il y  alors un phénomène de rupture : un pont se creuse dans la glace pour laisser s'écouler l'eau entre les deux lacs. Ce pont de glace est peu à peu fragilisé par le passage de l'eau qui provoque son érosion, jusqu'à son effondrement sur lui même. Le glacier recule alors de plusieurs dizaine de mètres pour grandir de plus belle !

On passe plusieurs heures à observer ce monstre, de près et de loin, la tête en bas... Sa majestueuse grandeur et tout ses petits détails.

On espère voir un morceau de glace se détacher  et s'éfondrer dans l'eau du lac... On est récompensé de notre attente ! L'onde qui se propage à la surface du lac est impressionante. Imaginez un énorme bloc de glace qui s'écrase de 50 m de haut !

 

Avec la lumière atténuée de la fin de journée, on a l'impression de voir apparaître une forêt de fantômes.

Retour à Calafate. Après l'apero à l'hotel avec la belge et les allemandes, on profite de la voiture pour s'en aller camper dans la pampa à la sortie de la ville. Une inévitable parilla pour cette dernière soirée avec Pierrot.

Demain, Pierrot reprend la route pour La Plata. Pour nous, se sera le Chili... Fin de la première partie de notre voyage. 3 semaines seulement, et déjà tant de souvenirs et de bons moments passés !!   

 

 


Publié à 06:07, le 6/05/2008, El Calafate
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en ballade dans la patagonie australe

08:30, 5/05/2008 .. 0 commentaires .. Lien

Il commence à se faire tard ici, mais bon on tient a profiter de cette journée de repos en attendant de continuer la route pour mettre a jour notre blog de voyage. Un peu de son sur les oreilles, j'écoute HHHH... du Nome... que d'émotions à l'écoute de cette chanson, certaines personnes comprendront...

on vous a donc quitté sur une soirée, la dernière à San Carlos de Bariloche... Le lendemain, nous prenons le bus, direction El Calafate, via Comodoro Rivadavia et Rio Gallegos. On arrive 34h après... c'est fou la distorsion temporelle du voyage ! On vient de passer une journée et demi dans un bus sans s'en rendre compte, comme si on avait zappé une journée et demi... bon ce fut quand même l'occasion de mettre à jour le carnet de voyage et de finir "Le vieil homme et la mer" d'Ernest Hemingway. Quelle belle lecon de courage, de force et d'humilité !

Mais El Calafate n'est qu'une étape, on reprend le bus à 7h. Pour bien profiter du peu de sommeil, on décide de monter la tente, sans trop nous éloignger du terminal de bus... C'est sous les rythmes endiablés de reaggeton et autres musiques de gout douteux de la boite d'à coté qu'on arrive tant bien que mal à s'endormir. Pas pour longtemps... des policiers intrigués se permettent un contrôle d'identité. Tout est en règle, et contre la promesse de lever le camp à l'aube, ils nous laissent finir cette courte nuit !

5h de bus de plus pour atteindre El Chalten. C'est une petite bourgade en construction que nous découvrons, et qui n'a apparemment d'autres justifications que le tourisme : un nombre impressionnant d'hotels, de boutiques souvenirs, de magasins de location de matériels de randonnée...

Mais la ville est en bordure d'un parc national, bien protégé. Nous avons le droit en arrivant à une bonne présentation du fonctionnement du coin : pas mal de sentiers bien balisés, des campings gratuits pour éviter les dégradations et les accidents qui pourraient être causés par le temps capricieux et le vent violent. On ne peux que reconnaitre la gestion intelligente du parc.

Après avoir trouvé un hotel qui acceptait de garder nos gros sacs, on part en ballade avec la tente, les sacs de couchage et un paquet de nouilles sur le dos. Et tout de suite, de magnifiques paysages s'offrent à nos yeux.

Vous avez vu "le petit dinosaure et la vallée des merveilles" quand vous étiez petits ?? Si ca avait été un film, il aurait pu être tourné ici...

Et soudain, nous découvrons ce qui fait la renommée du lieu :

Le majestueux Monte Fitz Roy, un des plus spectaculaires sommets andins. Un énorme bloc de pierre qui culmine à 3405m d'altitude.

On hésite un moment à le grimper... et puis finalement, c'aurait été trop simple, et puis on est un peu juste en temps, alors on se comptentera de simplement marcher à ses pieds...

 

En cours de route, on croise un autre sommet, beaucoup moins spectaculaire, vous en conviendrez  :

Mais bon Paulo tenait absolument à cette photo. Faut dire, ce modeste sommet a été baptisé Cerro Polo. Pour une fois qu'il trouve quelque chose à son nom... C'est vrai qu'on trouve sans problème des rues San Martin, des villes San Martin et autres lacs San Martin.... (juste reconnaissance au General San Martin, libérateur de l'argentine !).

Quand même, petit ce sommet quand on regarde de l'autre coté

Mais Paulo se console en se disant que ca ne sert à rien d'avoir un cerro à son nom si on peut même pas le gravir soi-mème... belle philosophie !

Il parait qu'on a beaucoup de chance aujourd'hui. Le temps est avec nous, le Fitz Roy est bien visible, ce qui est assez rare dans cette région. Du coup, Pierrot se motive à monter au plus près, malgré la nuit tombante, pour profiter de ce beau temps. Paulo l'accompagne. Je reste  au camping, installer le camp de base pour la soirée, et me battre contre les aigles attirés par notre mangeaille

Le coucher de soleil fut somptueux. Des couleurs magnifiques.

 

 

Des étranges phénomènes atmosphériques ont pu être observés à cette occasion :

 Grand concours, un beau voyage en Patagonie australe à gagner !!!

observez bien la photo ci-dessus. Le disque noir est-il dû à :

a) une éclipse totale de soleil

b) un postillon de pierrot sur l'objectif

c) l'arrivée des extra-terrestres venus apporter le savoir absolu à ces parasites de terriens pas foutus de faire gaffe à cette belle planète que la nature leur a offerte gracieusement, et qu'ils sont en train de tout foutre en l'air, et mème que Sarko y changera rien, parce qu'il est completement paumé depuis qu'il s'est marié avec Carla, parce qu'elle chante trop mal, que ca résonne dans les couloirs de l'Elysée et ah que ca lui donne mal à la tête ! mais pourquoi Johnny est parti en Suisse ?? et que y a un complot mondial d'Hitler et du Che qui s'est marié avec Ingrid Betancourt dans la jungle depuis que les américains n'ont pas marché sur la lune et que c'était juste un film....

d) Obi Wan Kenobi

e) un chapeau mystique volant

Finalement devant tant de mystères, Pierrot s'est transformé en souffleur de nuage. Vous vous êtes toujours demandé d'où venaient ces géants blancs, gris, mauves, roses ou violet... Voila la réponse :

 

Après une bonne nuit de sommeil, Pierrot remonte au pied du Fitz Roy pour le lever du soleil. Cette fois-ci, c'est moi qui l'accompagne. C'est beaucoup plus couvert que la veille, et donc moins spectaculaire. Mais néanmoins de belles couleurs à l'horizon.

 

 

Et puis on reprend le chemin, on finit la boucle qui nous ramène à El chalten, sous un ciel se couvrant peu à peu. On a vu les photos d'une allemande qui s'est balladé dans le coin le lendemain. Climat beaucoup moins agréable, on a eu de la chance !! 

 

 

 

On reprend le bus, une fois de plus... retour à El Calafate, en compagnie d'un couple belge, Fred et Ines, qui terminent un tour du monde. On voit pas le temps passer pendant ce voyage, les oreilles bercées par les récits de leurs expériences en Inde, en Chine, a Hawai, sur l'Ile de Pâques, en Nouvelle Zélande... Nous partageons nos impressions, discutons de musique, de festivals, de la Belgique, de la France...

Arrivée à Calafate, et grosse déception : camping fermés, pas de parilla dans l'hotel où on prend une chambre. Du coup on se rabat sur un bon plat de pâtes, partagé avec le couple belge...

et là se prépare la suite des aventures... mais il commence à être bien tard ici, la suite pour demain...

Bonne nuit les amis !! 


Publié à 08:30, le 5/05/2008, El Chaltén
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Sur le toit du monde... enfin presque (a 6000m pres, mais c'est quoi 6000m??)

06:26, 1/05/2008 .. 0 commentaires .. Lien
Arrivée à El Bolsón en fin de journée, passage express à l’office de tourisme pour acheter la carte des alentours nous indiquant les sentiers, les refuges, les courbes de niveaux...
 
On choisit notre itinéraire : on se fixe comme objectif de rejoindre le refugio Lindo le lendemain, et de grimper jusquáu sommet du Cerro Lindo le surlendemain avant de redescendre dans la foulée.
 
On part camper près du point de départ de notre rando, tout près du Río Azul. Nuit la plus fraîche : - 3,5 · C au réveil à 8h, on imagine à 3h du mat’...
 
Traversée du Río Azul sur une passerelle type Indiana Jones en plus... metallique !
 
 
1 200 m de dénivellé au programme jusqu’au refuge, un sentier assez raide dirons-nous !
 
Passage d’un ruisseau abritant un arbre indécis comme le montrent ses branches « coudées »
 
 
Il nous faudra 4 heures pour sortir de la forêt et arriver à notre premier point de vue sur la vallée, après un passage escalade :
 
 
Bon d’accord, j’avoue, je pose, il y avait un sentier 10 mètres plus loin...
 
La puissance de l’automne :
 
 
Premiers pas dans de la neige fraîche, tombée quelques jours plus tôt, à Bariloche c’était de la neige éternelle.
 
 
Arrivée au refuge en milieu d’aprèm, et pique-nique carnivore une fois de plus.
 
 
Concertation entre Pierrot, Martin et moi : notre chamois d’or, Pierrot (toujours en tête pendant les randos) propose de mettre le réveil bien tôt le lendemain histoire de voir le lever de soleil depuis le sommet du Cerro Lindo. On est tous les trois super partants.
 
On plante la tente à côté du refuge parce que le dortoir est payant, et on met le réveil à 5h15 : le soleil se lève à 8h30 et il faut 2 à 3 heures de marche pour atteindre le sommet.
 
Départ comme prévu avant 5h45 à la frontale, nuit noire et nuageuse oblige.
 
 
On commece rapidement à traverser zones bien enneigées, pas loin de 50 cm dans le pire des cas, et les tas de pierres jalonnant le sentier sont difficiles à repérer dans la nuit obscure.
 
Heureusement, la veille, un italien dormant dans le refuge est monté voir le coucher de soleil en haut du sommet, et ses traces de pas nous aident considérablement, bien qu’il n’y ait pas toujours de neige et donc pas toujours de traces...
 
3h plus tard, une barre rougeâtre apparait à l´horizon, et on commence à bouilloner de joie devant ce paysage incroyable qui s’étend à de lointaines chaînes de montagnes.
 
 
Le ciel est couvert, mais on en a quand même pour notre argent :
 
 
Puis arrivée au sommet peu après le lever du jour, sous les nuages qui vont s’estomper en un rien de temps.
 
2 115 mètres, pour l’anecdote !
Plus ou moins notre premier sommet avec Martin !
 
 
La vue ne nous fait pas regretter la petite nuit : la lumière du jour s’intensifie et on découvre un point de vue imprenable :
 
 
Ce sont des sommest chiliens qu’on aperçoit au loin, la gamme de couleurs est assez folle...
 
 
Le Cerro Lindo étant composé de deux sommets, quite à en faire un, autant faire les deux :
 
 
On tente une redescente par un autre versant, mais la pente est vraiment trop raide, trop glacée, bref trop dangereuse au goût de Martin et moi, bien que Pierrot ne semble pas tant effrayé.
 
Courageux mais pas téméraires, on préfère rentrer en vie en France !
 
On est récompensés de notre manque de bravoure par une énorme descente enneigée : on la dévale en courant, avec l’impression de faire des pas de géant !
 
 
Histoire de vous donner une idée de la quantité de neige... et de l’activité aquatique sous cette couverture blanche :
 
 
Pendant la redescente, en suivant nos traces, on se rend compte de nos erreurs d’orientation de la montée nocturne, du peu de distance qu’il y avait entre les traces de l’italien et les nôtres à certains moments où on se croyait perdus..., et du paysage que l’on ne pouvait pas voir :
 
 
 
La redescente depuis le refuge jusqu’à la voiture nous prend 2 heures et demi, c’est fou à quel point la technique de marche en descente fait travailler différents muscles et peut épargner les genoux, merci Professeur Pierrot !
 
Etirements à l’arrivée, puis retour à Bariloche, toute bonne chose à une fin, et en l’occurrence c’est la fin de la location du Meriva...
 
Nuit en auberge, on ne crache pas sur une bonne douche bien chaude et un lit bien douillet, rencontre avec des gens très intéressants aux parcours assez fous : un prof de sociologie par correspondance qui vadrouille dans le monde, une colombienne qui a grandi à New York et qui est partie vivre en Colombie à 15 ans, une anglaise en tour du monde et un colombien futur véterinaire étudiant au Chili...
S'en suit une soirée bien sympathique, à discuter de voyages, de nos pays respectifs, de l'apprentissage des langues, du bon vin, de sarkozy (il ne nous lachera pas celui-là !)... C'est les dermières heures que nous passons dans cette région, et la fatigue ne venant pas, on repousse les limites de cette soirée. Que de bon souvenirs nous garderons de cette semaine passée en excellente compagnie! Quelles belles couleurs resteront gravées à jamais dans notre mémoire!!...
 
Demain un bus nous emmenera vers de nouveau horizon, en l'occurence la patagonie australe, pour de bon cette fois-ci! mais c'est une autre histoire...
on vous aime les amis, un gros bisou a vous! et n'hésitez pas à nous raconter comment ca se passe en France, ca nous fera plaisir d'avoir de vous nouvelles!!  
 

Publié à 06:26, le 1/05/2008, El Bolsón
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Camping au bord de l'eau... ou les aventures en opel meriva!!

02:51, 29/04/2008 .. 1 commentaires .. Lien
Erratum : nous avons bel et bien loué une voiture, Martin, Pierrot, Gurvan, Caroline (les fameux deux bretons) et moi, mais pour prendre la route de la région des lacs, et non pas celle de la Patagonie australe.
 
Pour faire plus simple, on s’est lancé dans une semaine de vadrouille au nord de San Carlos de Bariloche au lieu de descendre bien plus au sud de l’Argentine, à bord de notre fidèle destrier : une Opel Meriva dernier cri (c’était le modèle le moins cher rassurez-vous !).
 
Le principe était simple : investir dans la location d’une voiture pour se permettre de s’éloigner des sentiers trop battus par les touristes, pour se lancer dans le camping sauvage (bien plus économique que les auberges de jeunesse) et surtout pouvoir se balader au gré de nos envies et de nos coups de coeur pour les paysages traversés...
 
Enfin, dernier avantage : on peut faire des parillas (le barbecue argentin) en pleine intimité avec la nature.
 
Au menu le fameux asado, des tapas... bred de la viande de boeuf ! Cuisson lente au feu de bois, viande bien cuite, c’est tout simplement exquis.
 
 
Le premier soir, nous avons planté la tente de nuit, gardant ainsi pour le réveil la surprise de découvrir le paysage.
 
Autant vous dire qu’on n’a pas été déçus !
 
 
Gurvan ne peut se retenir de sortir la canne à pêche, petit déj’ à la truite !
 
 
Non on plaisante, on n’a rien pêché, il n’y avait pas assez de fond parait-il (mauvause foi dites-vous ?).
 
On regrimpe dans la voiture et c’est reparti sur la route des 7 lacs.
 
Point de vue sur le Lago Correntoso.
 
 
On finit par trouver une forêt très accueillante où l’on décide de laisser la voiture et de partir pour une balade à pied.
 
La magie de l’automne...
 
 
Gurvan est grand, pour vous donner une idée de l’échelle !
 
 
Les bretons - Gurvan et Caro - encerclent la Champagne - Martin.
 
  
Impossible de résister à l’envie de traverser ce sordide pont, vestige de l’ancienne route des 7 lacs (la nouvelle est toute pleine d’asphalte).
 
 
Un arbre peut en cacher un autre, l’inverse marche aussi.
 
 
Notre balade nous mène au Lago Espejo, nous débarquons sur une plage au sable volacanique (c’est à dire tout marron, mais attention marron joli) juste pour le coucher de soleil. On se croirait revenu au temps des dinosaures tant ce petit coin de paradis nous semble irréel. Malheureusement les photos, luminosité trop faible oblige, ne sont pas à la hauteur...
 
 
Le retour jusqu’à la voiture a été bien folklorique, car il a fallu retraverser toute la forêt de nuit avec les frontales, et il faut savoir que la multitude d’arbres morts ne mettaient pas forcément en confiance ! Mais tout s’est bien passé, et le ciel étoilé était vraiment renversant. On n’a plus l’habitude de voir autant d’étoiles...
 
Le lendemain, la météo annonce de la pluie et des chutes de neige, on se paye le luxe de louer une cabaña (du luxe à moins de 5 euros par personne quand même).
 
La balade de l’aprèm, dans une station de ski déserte pas encore enneigée, nous permet de ramener des pêcheurs qui faisaient du stop de nuit sur un chemin complètement perdu ! Ils nous offrent un sac de truites fraîchement pêchées.
 
 
Faut reconnaître qu’elles ont bien agrémenté les 2 ou 3 kilos de viande de boeuf et la fondue au chocolat du repas du soir-même. « La grande bouffe » de Marco Ferreri, vous connaissez ? On se la raconte genre référence culturelle, mais je connaissais seulement par la chanson de Java, et ce sont les bretons qui ont osé et expliqué la comparaison.
 
Ah l’Argentine, que c’est bon de s’engraisser le ventre et l’esprit.
 
Dimanche matin, réveil avec le ventre lourd mais l’esprit serein ! Gurvan doit aller au Chili pour obtenir un nouveau visa touriste de 3 mois en Argentine. On se dit que tant qu’à passer la frontière, autant y passer la nuit.
 
Toujours dans l’idée de s’arrêter et de se ballader dès que bon nous semble, on découvre de nouveaux lacs, toujours du côté argentin.
 
 
Pique-nique sur la rive, au menu : la viande qui nous a tenu tête au repas de la veille ! C’est encore meilleur froid...
 
On passe la douane juste avant la fermeture, en leur laissant nos oignons, c’est la loi : pas de végétal ni d’animal d’un pays à l’autre.
 
On arrive ainsi de nuit dans le parc national Puyehue et on installe nos tentes sur les rives du lac Rupanco, après avoir passé deux heures à chercher désespérément un terrain plat et non encerclé par les fils barbelés (les petits désagréments de l’élevage bovin, il en faut bien !). Comme quelques jours auparavant, on découvre au petit matin la vue sur le lac.
 
 
On aperçoit des biches au loin qui, à notre grande suprise, s’approchent de nous au point de se laisser caresser !
 
 
Fin de la romance Walt Disney lorsqu’arrive leur éleveur : c’était trop beau pour ne pas être domestique... Malgré tout, ce bonhomme sympa à l’accent chilien bien...incompréhensible nous explique que de l’autre côté du lac, caché dans les nuages, se dresse un chouette volcan. Tant pis, ce sera pour une autre fois.
 
Retour en Argentine.
 
Sur la route, on a le droit à une petite surprise, histoire de patienter jusqu’à Iguazu...
 
 
On retrouve la route des 7 lacs en fin d’après-midi, route qui nous mène dans un village complètement perdu mais tellement charmant : toutes les maisons sont en bois, et le décor alterne entre forêts, lac et montagnes, on ne s’en lasse pas.
 
Le prétexte de l’anniversaire de Gurvan tombe à pic : nous louons une cabaña, achetons un gros morceau de viande (que l’on cuira au four cette fois, pour ne pas tomber dans la routine hé hé !), des fruits et du chocolat ! Nouveau cassage de ventre en perspective.
 
Le lendemain, après un petit déjeuner au soleil, on reprend la voiture, prenons un peu de hauteur et arrivons à ce point de vue qui se passe de commentaires :
 
 
Deux heures de piste plus tard et le décor a bien évolué, on se retrouve au milieu de montagnes très rocailleuses et plus arides, décor idéal pour un gaucho, comme semblent en témoigner les impacts de balles sur les panneaux de signalisation :
 
 
Nous ne sommes pas actionnaires chez Chevrolet/Opel mais c’est pour vous donner une idée du standing !
 
 
Encore un lac !?
 
 
 
Retour à Bariloche où on dépose les bretons qui arrivent à la fin de leur vacances.
 
Pierrot, Martin et moi repartons illico pour El Bolsón, à 150 kms au sud de Bariloche, avec la ferme intention de randonner.
 
Petit paysage d’automne le long de la route...
 
 
La suite dans le prochain article !
 
Paulo et Martin, qui pensent bien fort à vous tous même s’ils ne le manifestent pas tous les jours via internet, ça perdrait de sa valeur...

Publié à 02:51, le 29/04/2008, San Carlos de Bariloche
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Les pieds-nickelés s'en vont randonner en Patagonie

05:20, 24/04/2008 .. 5 commentaires .. Lien
Lundi matin, 8 heures  :  l´heure de boucler le sac, d'aller acheter les derniers accessoires indispensables (réchaud, CDs vierges pour graver les photos...) et nous voilà partis pour la Patagonie : direction San Carlos de Bariloche.

On nous annonce 18 heures de bus, ce sera en réalité pas loin de 24 heures  !  Heureusement, le paysage a eu le temps de chambouler un sacré nombre de fois en 1 700 kms. Après la traversée du port de Buenos Aires et de ses eaux inhospitalières (exportations obligent) : de la pampa, rien d'autre que de la pampa. Ah si, des vaches aussi ! Qui ont le temps de s'engraisser tranquilement, et naturellement, ici pas de farines animales ou d'hormones de croissance, juste de l'herbe, d'où la tendresse de la viande, hmmmh !

Quelques photos du bord de route :

La pampa à perte de vue.




















Premiers reliefs, ouf ! (Car comme son nom ne l'indique pas, La Plata, c'est très très plat, - plata signifie argent en espagnol)


















Arrivée à San Carlos de Bariloche, dans ce qu'on appelle la Suisse argentine : forêts, lacs, montagnes et mème .... du chocolat en spécialité locale !

Comme Pierrot et le couple breton nous rejoignent dans seulement deux jours, on se rend à l'office de tourisme de montagne pour avoir un bon itinéraire de rando, puis on va acheter tout le nécessaire : un réveil et de la nourriture à foison.

C'est là que ça commence à être drôle :  on se couche  assez tôt après une bonne platrée de pates, le réveil programmé à 7h. Et quand ce dernier sonne, c'est non sans peine que nous nous arrachons de notre lit douillet pour aller prendre une douche, puis enfiler les vêtements et les chaussures de rando, avant de se rendre compte qu'il n'est en fait que 1h15 du matin et que nous avons dormi seulement 2 heures !

On s'est recouchés après un bon fou rire... Moralité de l'histoire : quand vous achetez un réveil,  mettez-le à l'heure...


Par contre, la suite est un moins honteuse, on a fait une bonne grimpette : 1 300 m de dénivelé en moins de 4 heures. Les photos parlent d'elles-même :




Début de la grimpette : 800 m de dénivellé jusqu'au refuge Lopez, principalement en forêt.




















C'est l'automne en Argentine, et c'est un régal pour les yeux : entre le ciel, les arbres et les rochers, la mosaique de couleurs laisse rêveur... On commence à voir le refuge, qui lui est.... rose !




















Début de la vraie grimpette...







































Vue sur le lac Nahuel Huapi...




















Ca commence à tirer, Martin !?





















Là, c'est le début de la fin, et surtout la fin du balisage. Alors que le sentier, si on peut encore appeler ça un sentier, devient de plus en plus raide, et qu'il devient presque impossible d'avancer sans les mains, plus la moindre balise, plus le moindre tas de pierres empilées. Par contre, on touche notre prmière neige argentine.




















Après une heure et demie à chercher notre chemin, on finit, non sans regret, par écouter la voix de notre raison...




















Alors qu'on avait prévu de faire une boucle de deux jours, il faut redescendre dès maintenant pour ne pas se faire pièger par la nuit. Coup dur.


























Heureusement, un gros Saint Bernard vient me réconforter, après cette première rando bien éprouvante. Retour à Bariloche.




















Et aujourd'hui, attention les courbatures ! Mais c'est le jeu. Et c'est maintenant une certitude, on sera plus musclés à notre retour en France, ou disons moins secs...

Cet après-midi, Pierrot et les bretons nous rejoignent, ensuite direction la Patagonie Australe.

Je vous embrasse toutes et tous bien fort, Martin en fait de même.

Envoyez-nous des nouvelles, ça nous manque !

Paulito

Publié à 05:20, le 24/04/2008, San Carlos de Bariloche
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3 jours à La Plata

04:19, 21/04/2008 .. 1 commentaires .. Lien

On commence donc notre voyage par un petit séjour à La Plata, capitale de la province de Buenos Aires, à 60 bornes de la capitale fédérale. Ambiance jongle sur les places de la villes, bière y fiesta...

Vendredi, petite ballade dans la Plata, on fait les touristes : la place centrale, la cathédrale... Une étrange fumée enrobe la ville, avec une odeur de brulé, pas très agréable... on a finit par apprendre que des paysans ont foutu le feu à de la pampa en friche pour planter à la place au nord de BA et le feu s'est propagé à 74000 hectares de pampa. Les conditions météorologiques rendent difficile l'extinction (sécheresse). Du coup depuis 3 jours une épaisse fumée recouvre BA et ses environs (un aéroport et de nombreuses routes fermés quand meme...)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 on se pose dans le jardin Saaverda pour jongler. Pas mal de jeunes viennent triper avec nos massues et balles. D'abord quelques gamins qui sortaient de l'école, puis une bande d'ados qui fétaient les 15 ans d'une jeune demoiselle. C'est un anniversaire important pour une fille (comme les 18 ans en france, sauf qu'en argentine c'est 18 pour les mecs et 15 pour les filles. Et oui, ici à 15 ans on est une femme).

a soirée, c'est barbeuc. On se pose chez les bretons, qui vient avec un colombien, un equatorien et un couple de lesbiennes anorexiques. On se blinde le ventre de viandes diverses, accompagnées de bière (pour changer) et on finit avec un grog au cognac (miam!!!). Débats jusqu'à 6h du mat (l'origine de la seconde, la différence entre pendre et suspendre...)

Samedi, lever 15h50 et se motiv direct pour aller voir un match de boca à la bombonera (le stade populaire de BA). Dans le bus on rencontre un père et son fils qui nous guident vers le stade. Super sympa ces gens, sans eux on serait jamais arrivé...  On découvre l'ambiance caliente de la tribune populaire. Tout est niquel jusqu'au moment ou on sort l'appareil photo. La un mec bizarre (psychopathe tatoué ex-taulard paumé) au début sympa, et tout coup il passe en mode méchant : "tu sais y a beaucoup de mort en argentine, tu m'offres la camera ?? non?? on va te taper,  te mataremos!!"  gros stress, le coeur part a 100/h... heureusement on retrouve les gars du bus, qui nous disent de rester avec eux. Le mechant voyant qu'on est plus tout seul abandonne... ouf!!! on s'en souviendra de ce match. Au final 2-1 pour boca, une putain d'ambiance, et une photo trophée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On finit la nuit par une soirée d'anniversaire d'une française (grosse communauté francaise ici) dans un bar. un peu de bière et on se lance sur la piste de danse pour triper sur le reaggeton... bien cool cette soirée, je commence a me demerder avec l'espagnol. j'ai discuté vite fait avec un brésilien, c'était cool de parler un peu portugais, ca me demange un peu, vivement le brésil. On finit une nouvelle fois à 6h du mat. Vive les nuits argentine. Ici le temps est vraiment bizarre, différent....

Dimanche tranquile, on s'est balladé encore une fois. Tous les dimanches, ya une foire populaire sur une place, danse folklo concert, spectacle... Bonne ambiance. Puis jongle une nouvelle fois sur une autre place de La Plata. ensuite soirée posée chez pierrot, qui révisait pour son partiel d'aujourd'hui.

 




Lundi matin, petit dej sur les toits. On tente le maté pour la première fois... loupé on a cramé l'herbe...


 


 


 


 


 


 


 


 


 

Dans deux heures on prend le bus, direction bariloche. 18h de voyage pour arriver au pied des andes, dans une region avec plein de beau lacs... il me reste le sac a faire. je vous laisse donc, prochaines nouvelles from the ANDES!!

bisous a tous

Martin


Publié à 04:19, le 21/04/2008, La Plata
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