La traversée de l'Atlantique à vélo... ah non pardon, Paulo et Martin à la découverte de l'Amérique du Sud | |
Valparaiso de mi amor
10:41, 25/05/2008
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“Valparaíso de mi amor”, c’est le titre d’une chanson, écrite en l’honneur de cette incroyable ville, jouée aux touristes pendant leur déjeuner ! Un peu de stabilité spatiale, toujours plus de distortion temporelle, c’est en ces termes que l’on pourrait résumer notre séjour dans la ville portuaire. Pourquoi donc ? Parce que pour la première fois depuis le tout début du voyage (à savoir à Valparaíso, qui vient de Valle del Paraíso, inutile de traduire ! Un tout petit peu d’histoire pour vous donner une idée de la ville avant les images. Valpo (pas seulement pour les intimes, aussi pour les fans !) doit principalement son développement à son port : c’était le premier port dans lequel les marins faisaient étape après le passage du Cap Horn, quelque 2 000 kms plus au sud. Imaginez ces hommes ayant affronté la mort (beaucoup de bateaux sombraient lors de ce périlleux passage), arrivant à bout de force dans cette “vallée paradisiaque”, où d’innombrables bars et bordels allaient allégrement compenser toutes les frustrations accumulées pendant ces pénibles jours de navigation ! Ca a changé depuis ! Mais le grain de folie est resté, du moins à ce qu’on a pu en voir. La ville compte avec un port gigantesque qui bourdonne d’activité en permanence. A notre arrivée, il y avait même un porte-avions américain (“Born in the USA !”) faisant étape dans le port, déversant un équipage de 8 000 hommes et femmes dans la ville… C’est bon pour le tourisme !
La ville s’organise autour du port, le centre borde l’océan Pacifique, c’est ce qu’on appelle le Plano, tirant son nom de son relief…très plat. Mais tout le charme de cette ville vient du fait qu’elle s’est construite sur toutes les collines se dressant de part et d’autre du centre. Et il y en a pour toutes les couleurs, tous les dénivellés, tous les types de construction… Un vrai bonheur de se perdre dans le labyrinthe de passages, raidillons et escaliers parcourant toutes ces collines. Les potes revenant d’un an d’échange nous avaient pourtant prévenus : “ Valpo, c’est le quartier de Assez parlé, place aux images. Et comme vous pourrez le voir, on joue la carte de l’honnêteté : sur les 10 jours passés à Valpo, les 6 premiers ont été épouvantables niveau météo (nos premiers jours de pluie du voyage on va pas se plaindre non plus !) donc on montre des photos avec des ciels gris, c’est le jeu.
(Dans l’arrière-plan de la photo précédente, on imagine – très dur à distinguer vu la taille de la photo – le plafond de toute l’Amérique, l’Aconcagua, que l’on voyait par chance ce jour-là, du haut de ses
Avouez que c’est plus chouette avec le ciel bleu quand même…
Un petit commentaire avant la prochaine photo : toutes ces collines jonchées de maisons multicolores commencent à voir naître un phénomène inquiétant…des immeubles, malgré les revendications de nombreux habitants de la ville. A croire que les promoteurs immobiliers ont plus d’arguments (traduire plus de billets verts) que les revendicateurs.
Sur la photo ci-dessus, prise au pied d’un immeuble de beaucoup trop d’étages en construction, le panneau publicitaire vante la vue depuis ces futurs appartements sur le Pacifique et le reste de la ville : “Un horizon para ti”, ca démange de rajouter “et une vue de merde pour tous les autres…” Voilà. C’était l’instant coup de gueule “Bouh, les immeubles à Valpo c’est nul”. Une petite photo de la plage la plus proche du centre, histoire de vous montrer le Pacifique même si c’est vraiment pas là qu’il est le plus beau.
Une photo du marché couvert où il fait bon acheter ses fruits et légumes, avec à l’étage des petits restaus aux spécialités de la mer super bon marché. C’est là qu’on a eu droit à la fameuse chason “Valparaíso de mi amor”, interprêté par un bonhomme qui avait un coffre suffisant pour faire un concert acoustique au Stade de France !
Pour ceux qui n’ont pas le courage de regagner leur maison haut perchée à pied, en colectivo ou en micro, il y a encore les fameux ascenseurs, sensations fortes et bruits inquiétants garantis !
Coucher de soleil depuis les hauteurs et c’est le coup de foudre pour Valpo…
Valparaíso, ville culturelle par de nombreux aspects. Tout d’abord, elle a vu grandir, vivre, écrire et mourir le poète Pablo Neruda, dont la maison, “
Ensuite, ses peintures murales en font une véritable oeuvre d’art. J’en connais (pour ne pas citer Billy, Alex et Flo) qui se seraient ruinés en bombes de peintures tellement tous les murs de la ville sont dédiées au graff ! Les photos suivantes sont pour vous les gars, savourez, on a bien pensé à vous en admirant tout ca. Sur la première photo, on peut lire “Grafiti es cultura”. On leur pardonne la faute d’orthographe “curtura” au lieu de “cultura”, on ne peut pas être si bon peintre et un pro de l’orthographe (à moins qu’il y ait un jeu de mot ou un autre sens qu’on n’ait pas compris, dans ce cas si quelqu’un s’en apercoit, merci de nous le faire savoir, qu’on passe pas trop longtemps pour les idiots du voyage !)
Même sur les épiceries :
Celui-ci, c’est notre préféré, attention les yeux : (Billy, Alex et Flo, ou Francois, Nox…on vous paye des bombes à notre retour et vous nous faites le même sur le camion ?!)
La dernière photo illustre une super idée de la ville, à savoir faire un musée à ciel ouvert, avec une vingtaine de peintures murales longeant un parcours au milieu des raidillons. Malheureusement les peintures vieillissent, et ne sont pas forcément transcendantes en comparaison aux murales “sauvages”, bon concept quand même ! Ca va nous sembler grisounet les murs de Lyon… On espère que la campagne “Murs blancs, peuple muet” bat son plein, et que la patrouille anti-graffs/affiches/crottes de chien (à croire que tout cela soit comparable) de notre Gérard Collomb régional piétine.
Martin a été surpris de voir qu’ici aussi les vélos étaient perchés, certains comprendront. (Moi, j’ai pas compris !)
Dernière photo : Valparaíso, ville culturelle et ville engagée. A notre arrivée, toutes les universités étaient en “paro” et même en “toma”, à savoir en blocage puis en occupation depuis pas loin de trois semaines. Sur l’une des banderoles on peut lire : “Bonne fête Maman, Parce que tu m’as appris à me battre, Je participe ici à l’occupation pour une éducation de qualité. Ceci est mon cadeau “
Ce n’est pas que pour cette ville magnifique que nous sommes restés aussi longtemps. Le passage à Valpo a été l’occasion de revoir et de passer un peu de temps avec Co et Matthias (Co surtout, Matthias avait profité du blocage de la fac pour prendre quelques semaines de vacances entre l’Argentine, l’Uruguay et le Brésil). On a donc passé les 10 jours chez eux, où on a été royalement accueillis ! Je vous explique l’arrivée. Grâce aux indications de Mika (un grand merci au passage), on trouve sans grande difficulté le pasaje Temuco. Trouver le numéro 5 est un peu plus compliqué… Nous voyant perdus, des jeunes chiliens nous abordent, nous demandant : “Hola Hola ! vous cherchez la ‘grande familia’??”… “On cherche le numéro 5, on est des amis français de Co, vous connaissez ??”… “Bien sur, c’est là. On se disait bien que vous avez des têtes d’amis de gens de la maison. Par ici, ‘la grande familia’…” “La grande familia”… C’est une maison où vivent 12 personnes, chiliens principalement, mais aussi des français et un brésilien. Une sorte de communauté où il fait bon vivre.
Le soir où on est arrivé, ils avaient prévus une reunion communautaire. Certains de retour, des nouveaux… et pas mal de chose à clarifier. La vie à plusieurs a besoin de ses moments de dialogue. C’est sûr que ca doit pas être facile et naturel tous les jours… Imaginez 12 personnes, dont 4 couples, vivant dans une maison avec une seule salle de bain, une cuisine pas si grande, et surtout seulement 4 chambres… Il en faut des discussions pour que ca se passe bien… Mais ils y arrivent apparemment, l’ambiance est magique dans ce lieu. D’après Co, la recette, c’est de la sincérité, des concessions, et après c’est que du bonheur ! Du coup, en tant qu’invités pas concernés par cette reunion, on s’est retrouvé derrière les fourneaux. A peine arrivés, nous voila chargés de préparer un repas pour 18 personnes… Quelle responsabilité ! Avec JB, arrivé il y a peu de temps aussi, on s’en sort pas trop mal… Et une première soirée à Valpo plutôt réussie !!
A droite, Carla. Au centre, Nico. Tout deux habitant la maison. Nico fait des études de psycho. Carla est une artiste, elle fait notamment un sketche musical les mardis soirs dans un bar du coin. Elle arrive en France en juillet normalement… On la verra surement du coté du Karna, depuis le temps qu’elle en entend parler…
De gauche à droite, Séba, Martin et JB. Séba est acteur de théatre. Ils montent un projet à 4, qu’ils espèrent bien montrer en France, au cours d’une tournée dans un futur proche. On les attends avec plaisir sur les planches du Karna l’année prochaine !! JB est un nouveau diplomé (insa toulouse) converti en marin-voyageur. Avant d’arriver à Valpo, 3 jours auparavant, il venait de descendre toute la côte atlantique de l’Argentine, passage du Detroit de Magellan et remontée vers Valpo par les canaux de La maison est située sur le cerro Bellavista… Comme son nom l’indique, les hauteurs de ce cerro offrent une jolie vue sur Valparaíso. Quel que soit le temps…
Ici aussi, ils aiment les grandes peintures et les murs colorés.
Il faut dire que la maison est remplie d’artistes. Il y règne en permanence un petit air de folie agréable, un esprit festif quasi permanent… Et la décoration de la maison contribue grandement à cet esprit (et bizarrement, il y a beaucoup de chapiteaux sur les murs !!!)
Le temps n’aidant pas à trouver une grande motivation, on s’est laissé porter par l’esprit, par l’ambiance… et on n’a pas fait grand chose les premiers jours. Notre principale activité a été la cuisine, et la on s’est gavé… Avez-vous déjà fait des poires belles Hélène pour 16 personnes, et sans chocolat, ni glace à la vanille ?? ben nous oui !! et c’était pas seulement des poires, la preuve...
Ils ont quand même réussi à nous bouger le cul pour une soirée au Boliche, ambiance tango… Notre premier concert de Tango (même pas à Buenos Aires, j’avoue c’est touristiquement la honte, mais bon on s’en remet bien). Sur la photo qui suit, le guitariste qui recoit un bisou de sa belle Carla... On le reverra souvent au cours des soirées à la maison, souvent avec sa guitare…
Et puis le soleil revenant, après s’être bien reposés, on s’est motivé les derniers jours. Une belle ballade sur les cerros et le long du port. On a pris aussi un peu de temps pour découvrir le projet sur lequel travail Co. Une communauté qui vit dans une toma, un bidonville, monte un projet pour obtenir une subvention du gouvernement afin de créer légalement un lieu de vie à l’extérieur de la ville. Un projet bien intéressant, mené par des gens passionants. On vous en parlera dans un prochain article, il y a tellement de chose à en dire. Et puis l’apothéose de notre séjour, juste avant de reprendre la route… Le dernier jour au Chili et à Valparaiso fut vraiment mémorable, et on remercie encore Co et Audrey ! Ce joyeux couple travaillait depuis un mois et demi dans un ranch à une heure et demie au nord de Valparaíso comme guides accompagnateurs de “cabalgatas”, des chevauchées dans la langue de Molière. (Une pensée pour la team Jean-Christophe Gaumon !) Entre l’occupation de la fac et l’arrivée massive des GIs via porte-avions, ils avaient encadré bon nombre de ballades ces derniers temps et gagné la confiance et la sympathie du proprio du ranch. Une aubaine, parce que le proprio accepta avec plaisir qu’ils nous emmènent Martin et moi pour une cabalgata. C’est donc avec nos guides particuliers et strictement aucun savoir-faire en matière d’éauitation qu’on s’est retrouvé dans ce superbe ranch.
Une chance que les chevaux chiliens ne soient pas des géants. Ci-dessous nos fidèles destriers d’un jour : Martin a monté celui à la robe noire et moi son pote de gauche. J’aurai bien voulu monté le noir, que je caressais pendant que Co et Audrey finissaient de préparer leurs chevaux, mais soi-disant Martin est plus grand que moi et le cheval noir plus grand que le marron et le plus grand cavalier sur le plus grand cheval c’est la règle et bla bla bla et merde c’est bon je prends le marron. M’en fous de toute facon, c’est celui que je voulais en fait. Rassurez-vous, il m’a fallu moins de 2 mètres pour ravaler ma micro-frustration tant on était heureux de se retrouver perchés sur ces grosses bêtes en pleine nature, et quelle nature ! De grandes étendues vertes, histoire de commencer à appréhender nos montures, mettre en pratique les règles de base enseignées par nos guides particuliers, faire un premier trot, traverser des rivières (cheval, je t’en prie bois un coup si tu veux mais ne te mets pas en tête de prendre un bain !)
Puis arrivée sur la terre promise, des dunes à perte de vue ! Pour une première chevauchée, faut reconnaître qu’on est gâté niveau cadre.
D’après nos guides, c’est le moment de découvrir le galop. Bon ben si vous le dites, c’est parti ! Même pas besoin de cravacher nos chevaux, ils partent au quart de tour en voyant ceux de Co et Audrey se lancer au galop. Franchement, le galop, c’est diabolique comme dirait Pierrot, on en veut encore ! Une chouette photo de nos amis les guides : il faut savoir que pendant les vacances d’été de leur année d’échange à Valpo, ils ont fait l’acquisition de 3 chevaux (2 pour eux et un pour la nourriture et leurs bagages) et sont partis arpenter les terres brésiliennes. Un périple de 800 kilomètres au total, impact environnemental irréprochable, des arrivées remarquées dans les villages traversés, bref ca impose le respect : chapeau bas !
Juste récompense après ces pénibles galopades : la vue sur l’océan Pacifique, et la lumière du jour qui commence à baisser hé hé :
Comme si le moment n’était pas assez magique, on s’arrête dans un bosquet pour faire une grosse parrilla, halte inévitable de la cabalgata. On est quatre, on est venu avec plus de 2 kilos de viande. Qu’est-ce que vous croyez, ca fatigue de galoper ! Le feu est déjà allumé quand on arrive, par un pêcheur chilien qui vit dans une petite maison au milieu des dunes. Il se fera cuire un steak de lion de mer pour la petite histoire.
C’est devenu une habitude de vous afficher nos parrillas, ce n’est pas pour vous mettre l’eau à la bouche mais par souci de transparence, que ce soit bien clair.
Si on avait été en compagnie de nos chéries, je crois qu’on aurait touché la perfection au moment du coucher de soleil dans le pacifique…(prochain voyage mesdemoiselles!). On n’a pas réussi à départager les deux photos qui suivent.
La suite et fin de la cabalgata, c’est sans image pour la simple et bonne raison qu’il faisait nuit… Donc je vais faire vite : on a rejoint la plage au moment où le ciel était à son apogée de lumière rouge, et on s’est lancé dans le galop le plus rapide de la journée, les sabots des chevaux dans l’eau… Un spectacle son et lumière (sabots dans l’eau, ombres des autres cavaliers avec la lumière rougeâtre du soleil et les reflets dans le Pacifique) dont on se rappellera suffisamment longtemps pour en rabattre les oreilles de nos arrières petits-enfants. Ensuite il a fallu traverser un bras de fleuve, puis un pont ferroviaire qui surplombait un autre bras bien plus large. Consignes des guides si un train arrive, se jeter à l’eau, le cheval se débrouillera ! Coup de chance, le train est passé 10 minutes après nous. Le retour au ranch s’est très bien déroulé. Et voilà, fin de la cabalgata. Une nouvelle fois n’est pas de trop : merci Co et Audrey ! Au retour de cette belle ballade, une soirée se prépare à la maison, qui promet d’être longue, Samedi soir oblige. C’était la soirée de départ d’une amie de Carla, qui s’envole vers l’Espagne. Ca sera la notre aussi. L’occasion de tripper un peu avec Matthias, qui revient juste de vacances, la fac reprennant son fonctionnement normal.
La fête fut belle. Et c’est avec une certaine tristesse que nous reprennons la route au petit matin. Ce fut assez difficile de quitter cette ambiance, tous ces gens merveilleux, cette belle ville… On vous remerciera jamais assez, vous tous, pour votre accueil… Ces 10 jours ont été royals, du début jusque la fin !! Que de bons souvenirs !! GRACIAS PARA TODO !!!! Que las buenas ondas sigan animando esta grande familia… Ajouter un commentaire { Page précédente } { Page 11 sur 21 } { Page suivante } |
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