La traversée de l'Atlantique à vélo... ah non pardon, Paulo et Martin à la découverte de l'Amérique du Sud

On a marché sur la Lune !!

12:41, 28/05/2008 .. 0 commentaires .. Lien

Après une courte nuit à Valle Fértil, on part à la découverte du Parc National Ischigualasto – Valle de la Luna. Ce parc est perdu au milieu de nulle part, et se visite uniquement en compagnie d’un guide. Vu la beauté de site, c’est plutôt bien qu’il ne soit pas en accès libre et dégradé par des âmes insensibles. Et puis la visite est d’autant plus intéressante avec les commentaires de quelqu’un qui s’y connait.

 

Quelques explications avant les photos… Il y a 70 millions d’année, les plaques Atlantique,  Pacifique et Nazca se rencontrent, provocant la formation de la cordillère des Andes. Les forces tectoniques provoquées par la collision des plaques exercent de fortes contraintes sur la croûte terrestre. Ces contraintes font alors ressortir des couches de l’écorce terrestre enfouies depuis des millions d’années. C’est ainsi qu’à l’endroit où nous nous trouvons est ressorti, par un basculement de 125º, des couches de roches formées pendant la période du triasique, au début de l’ère secondaire (ou Mézozoïque pour être précis), il y a entre 250 et 200 millions d’années.

 

D’après le guide, il existe très peu sur Terre de témoins facilement visibles de cette période. La région d’ischigualasto est donc un paradis pour les géologues, étant donné le caractère unique du lieu et son extraordinaire témoignage des temps passés. Les différentes couches visibles permettent de retracer l’histoire des lieux et d’en déduire les climats, et en général l’état de la Terre à ces époques. Par exemple, une couche grise, poussière volcanique, témoigne d’une période de grande activité volcanique. Une couche noire, riche en carbone, traduit un climat humide, une grande végétation. Ainsi, de l’étude des couches et de leur composition, on déduit  l’histoire de la Terre.

 

  

 

Les fossiles que l’on peut observer dans les roches sont aussi des excellents témoins de ces temps reculés.

 

 

Sur les deux prochaines photos, on voit bien les différentes couches par leurs couleurs respectives. Chaque couche correspond à une époque du triasique (je vous renvoi à vos cours de géologie pour le découpage de l’échelle des temps). A la vue de ces paysages, on comprend le nom donné au Parc. Vallée de la Lune !   

 

               

Après les mouvements tectoniques, c’est l’action du vent et de l’eau, la magie de l’érosion, qui a découvert les roches. Et sculpter au passage des formes extraordinaires. La nature est un grand artiste !

 

 

 

 

 

 

 Chose extrêmement rare, de la neige est tombée cette nuit. C’est exceptionnel ici, au point où même le guide se ballade avec son appareil pour prendre en photo son lieu de travail !

 

 

Les cactus ne savent plus où se mettre…

 

 

C’est là, entre les dinosaures, les lacs et les volcans, que PAF, ça a fait des Chocapic ! (Rassurez-vous, on ne paye pas encore de droits à Nestlé pour ce genre de blagues bidon…).

 

 

C’est en fait des fruits pétrifiés qui ont formé ces étranges boules. La matière organique est devenue inorganique pour devenir comme de la pierre.

Enfin, on termine le tour au pied d’une gigantesque et magnifique falaise rouge. On n’a pas vraiment compris d’où elle sortait… On s’est contenté de la contempler…

 

 

 

 

On termine ce passage à Ischigualasto par une visite du musée. Culturelle fut cette journée !! En plus d’être un extraordinaire témoin géologique, le parc recèle de non moins extraordinaires traces de la vie à cette époque.  Malgré la découverte du fossile d’un des premiers dinosaures il y a une cinquantaine d’année, Ischigualasto a longtemps négligé par les paléontologues, jusqu’aux années 1980. Depuis une petite trentaine d’années donc, les paléontologues parcourent le parc à la recherche des traces de vie à l’époque du triasique, à l’époque des amphibiens, des reptiles et des premiers dinosaures.

 

Les recherches sont plutôt un succès. De nombreux fossiles ont été mis à jour, dans des états très variables, mais ils ont permis de découvrir des espèces qui ont vécu là il y a plus de 200 millions d’années, et  de construire les modèles des premiers dinosaures.

 

 

 

On termine la journée avec une petite ballade dans les alentours de la Torre, hameau perdu où nous attendons pendant quelques heures le bus pour La Rioja. Des belles montagnes stratiphiées, des rencontres avec des cactus tous plus fous les uns que les autres…

 

 

 

On se croirait à Disneyland avec ce genre de cactus…

 

 

 

 

 

Pour cette nuit, de la route nous attends, toujours plus au nord !! La prochaine étape sera Salta, on se rapproche peu à peu de la Bolivie…

 

 

 

 

 

 

 


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