La traversée de l'Atlantique à vélo... ah non pardon, Paulo et Martin à la découverte de l'Amérique du Sud | |
Monts et merveilles salées du Sud-Lipez et d'Uyuni
03:42, 7/06/2008
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Ce sont simplement les merveilles qui sont salées, pas les monts, donc il n’y a pas de faute d’orthographe dans le titre je vous préviens ! Décrire les paysages époustouflants que nous avons vu durant ces quatre jours ne relève pas de l’impossible mais exige un talent, un don artistique dont nos parents ne nous ont pas dotés… Mais nous ne leur jetons pas la pierre, et nous nous contenterons d’essayer de retranscrire par photo ces décors improbables. Pour illustrer ce petit avant-propos, l’un des déserts que nous avons traversés porte le nom de Desierto de Dalí, en hommage à l’artiste espagnol qui réalisa un tableau représentant ce désert alors qu’il n’en connaissait pas l’existence. Pour visiter cette partie du sud de On a donc pris notre courage à deux mains et on s’est lancé dans le tour complet des agences de Tupiza. Les deux dernières finalistes furent une petite agence bien sympathique qui tournait depuis deux ans, et la “multinationale locale”, l’agence dans laquelle se précipitent tous les touristes car c’est la seule recommandée par les guides tels que Routard ou Lonely Planet. Pour l’anecdote, malgré toutes les médisances des propriétaires sur le président bolivien Evo Morales, ils étaient sur le point de le recevoir dans leur hôtel, le plus cher de la ville, lors de sa venue deux jours plus tard. Mais bon, on a tous nos contradictions. La petite agence nous proposait un tour en 5 jours, un jour de plus que le tour classique, parce qu’ils incluaient l’ascension d’un volcan culminant à plus de C’est en compagnie d’un anglais, de deux irlandais (qui à notre grand malheur ne parlaient pas un mot d’espagnol…), d’une cuisinière et d’un chauffeur bien expérimenté (et il faut bien ça) que nous sommes partis en 4*4 (comme je le disais plus haut, on a tous nos contradictions, moi le premier). Rentrons sans plus tarder dans le vif du sujet. Une fois les sacs, la nourriture, l’eau et l’essence chargés sur le toit (tout ce qu’il sera impossible de trouver dans ces coins désertiques), arrive enfin le moment du départ. Une heure et demie de route plus tard, premier point de vue. Il faut reconnaître qu’au début on était frustrés de ne pas découvrir ces paysages à pied, ça semble un peu trop facile de descendre du 4*4 et de sortir l’appareil photo, mais on s’est vite rendu compte que les conditions climatiques particulièrement rudes rendent ces régions vraiment hostiles aux randonneurs, et que même en 4*4 on n’est pas à l’abri de gros soucis.
Des cactus chevelus et blonds, du jamais vu !
Sur cette photo, on voit la route par laquelle on est arrivé à ce point de vue, et on comprend pourquoi il ne faut pas parler au chauffeur quand il conduit…
La sélection de photos pour cet article a été particulièrement difficile (ah la magie du numérique) donc on s’est fait plaisir et ce sera sûrement l’article le plus imagé avec une bonne soixantaine de clichés. Nous nous arrêtons pour le premier repas de midi au bord d’un plateau abriant des centaines de lamas, élevés pour leur viande et leur laîne. C’est là que l’anglais a commencé à se sentir mal à cause de l’altitude, le pauvre passera 4 jours dans un sale état, profitant guère des paysages.
Sur les deux prochaines photos, Martin et moi avons été incapables de nous mettre d’accord : à vous de nous dire si vous préférez des fesses de lamas bien cadrées ou des lamas de face moins bien cadrés dirons-nous :
Pour vous donner une idée de la taille d’un bébé lama, sont-y pas mignons tous les deux ?
On reprend la route, nouveaux pasysages, changements de couleurs, de reliefs, et une petite photo avec le 4*4, il en fallait bien une.
Fin de la première journée, on arrive dans un village qui semble être complètement coupé du monde. On se lance dans l’ascencion d’une colline qui surplombe le village pour se dégourdir les jambes et profiter du coucher de soleil. L’éclairage n’est pas optimal mais ça donne une idée :
Première nuit de ce tour perchés à 4 200 mètres d’altitude quand même ! Mais on ne perd pas l’appétit pour autant et on se remet péniblement à l’anglais, pas d’autre choix si on veut discuter avec nos camarades de tour. La nuit tombe vraiment tôt, et les températures aussi. Après une vingtaine de degrés pendant la journée, le mercure passe en négatif. Mais il parait qu’on a de la chance qu’il n’y ait pas de vent ! Dans ce village sans éclairage et avec de l’électricité uniquement par batterie, on a eu droit à un des plus beaux ciels étoilés de tout le voyage. Je suis déjà en admiration quand je reviens de Lyon et que je redécouvre les étoiles depuis le Forez, mais alors là, c’était surréaliste. Après cette fraîche nuitée, on se lève à 5 heures pour la journée la plus longue du tour. Premier lever de soleil :
La première pause de la journée a lieu dans les ruines d’un village construit par les colons espagnols. En effet, dans cette région des mines de divers matériaux ont été creusées, des mines dans lesquelles travaillaient les indigènes, vous vous en doutez, dans des conditions déplorables… Il y a une vingtaine d’années, des Boliviens se sont réétablis dans ce village, mais les conditions de vie étaient trop dures et le village a été une nouvelle fois abandonné. Ainsi se mêlent les ruines de bâtiments de deux époques bien lointaines.
On reprend la route.
Et on a droit à notre première crevaison :
Le chauffeur change la roue en un temps record, mais il n’y a qu’une roue de secours, croisons les doigts ! Le repas préféré des lamas :
On apreçoit ensuite notre premier lac de sel, on ne s’est pas beaucoup rapproché car il contient des minéraux qui lui donnent une odeur nauséabonde, ce n’est pas une blague, ça se sent à des kilomètres à la ronde :
Sur cette photo, on voit le fameux Volcán Uturuncu, qui culmine à 6 008 mètres. C’est un des sommets de plus de
Une autre photo du même volcan :
On traverse même des rivières avec le 4*4, ça y est on est conquis !
(c’est de l’ironie, qu’il n’y ait pas de malentendu) Pause pique-nique au bord d’un autre lac de sel, bien moins odorant je vous rassure !
On reprend vite la route, on a pris du retard sur les autres 4*4 apparemement. La prochaine étape constitue la seule et unique opportunité de se laver de tout le tour : il s’agit des eaux thermales ! Un petit bain dans une eau naturellement chauffée à presque 40 degrés, ça ne se refuse pas, surtout avec une telle vue :
C’est au bord de cette piscine naturelle que l’on retrouve Johan, un ami hollandais que l’on avait rencontré à quelques milliers de kilomètres de là, sur le Pacifique entre Puerto Natales et Puerto Montt ! Notre chauffeur écourte le bain et les retrouvailles, il reste beaucoup de route avant d’atteindre le village où l’on va passer notre deuxième nuit. L’étape suivante, pas des moindres, nous permet de découvrir deux merveilles de notre vieille planète :
Ce volcan a un côté mystique : il était utilisé par les civilisations précolombiennes pour y réaliser des sacrifices, et il est fortement déconseillé de s’y aventurer sans un guide indigène qui effectuera tout un rituel avant d’entamer l’ascension. Pour l’anecdote, pendant notre tour des agences, un guide nous a expliqué que deux touristes italiens avaient refusé d’engager un second guide, indigène et connaissant le rituel, en voyant que le volcan ne présentait pas de difficulté particulière. En cours de route, l’un des deux a préféré abandonné, le second est arrivé au sommet avec le guide, et s’est perdu en voulant aller prendre des photos. Il a été retrouvé trois jours plus tard, sur un autre versant. Il a survécu grâce à son expérience d’alpiniste, dormant le jour et marchant la nuit pour ne pas mourir de froid. On ne sait pas ce qu’il y a de vrai dans cette histoire, mais le guide nous a fait un récit si passionnant qu’on a vraiment eu envie de le croire.
On a ensuite traversé le fameux Desierto de Dalí, dont je vous ai parlé plus haut :
Puis dernière étape de la journée, juste avant le seul passage du tour à plus de 5 000 mètres, les geysers :
Cette grosse journée se termine dans un village tout aussi isolé que la nuit précédente, mais cette fois le temps est moins clément, il fera presque – 10 degrés durant la nuit. Martin a passé une journée bien difficile à cause du “soroche”, le mal d’altitude, et je vais passer la plus mauvaise nuit de tout le voyage : une très grosse fièvre, la température du corps qui ne cesse de faire le yoyo, impossible de trouver le sommeil, le temps qui passe au ralenti… On se lève tant bien que mal le lendemain, apparemment on n’a pas été les seuls à passer une sale nuit, ça rassure. Première pause au milieu d’un désert entouré de montagnes, volcans, et où des formations rocheuses témoignent du talent de l’érosion :
Ce rocher est connu sous le nom d’ “Arbre de pierre” :
Petite grimpette, pour se remettre de la mauvaise nuit et vous donner une idée de l’échelle :
Et pour changer de point de vue, sur ces paysages dont on ne se lasse pas…
A défaut de voir un puma, on aura quand même vu une vigogne sauvage !
Encore un lac et encore un volcan…
Puis on arrive à
Nouveau lac, nouveau volcan, décidément :
Mais celui-ci a la particularité d’avoir le cratère fendu, de telle sorte que l’on distingue très bien la partie de la crète restante, et on imagine la force de l’éruption qui a pu déplacer autant de roches :
On a eu droit à un peu de marche à pied, tout de même, afin de s’épargner une portion de route particulièrement escarpée.
Au détour de deux rochers, avant de se mettre à table pour le troisième pique-nique, on est tombé sur deux fossiles parfaitement conservés ou presque :
La vue était vraiment chouette, même la couleur du ciel semblait incroyable :
Malheureusement, lors de la deuxième crevaison, il a fallu sacrifier l’un d’entre nous. Pas de chance c’est tombé sur moi…
Le sort a fait que ce sacrifice tombait le jour d’une grève de Petite halte au poste de douane, en amont de la frontière avec le Chili. Ca ne doit pas être la folle ambiance tous les jours par ici…
Et dernière étape avant d’ateindre notre refuge pour la nuit, dans le village natif du chauffeur. Petite photo semi-artistique et c’est reparti :
Pour cette troisième et dernière nuit, on est redescendu à 3 600 mètres d’altitude, et on ne s’en plaint pas ! Le sol de l’auberge ainsi que les sommiers sont en sel, on se rapproche du Salar.
Et en effet, on a dormi au bord du Salar, et le réveil sonne suffisamment tôt pour aller admirer le lever de soleil cette giganstesque mer de sel assèchée.
Si notre mémoire est bonne, l’épaisseur de sel atteint les 40 mètres. Et au beau milieu du Salar émerge l’Ila des Pescador, une île jonchée de cactus immenses, qui rend encore plus invraisemblable ce lieu magique :
La surface du Salar s’organise naturellement en hexagones, et toutes ces arêtes constituent ses voies respiratoires. Pour plus de renseignements, merci de consulter un géologue !
Petite photo de “l’hotel de sal”, celui-là est entièrement construit en sel. Pas de chance, on n’avait plus un sou et on n’a pas pu acheter la friandise qui fait office de ticket d’entrée !
C’est à ce moment précis que Martin et moi, par un phénomène géologique que nous n’expliquons toujours pas, nous nous sommes transformés en géants. L’occasion rêvée d’exprimer notre ressentiment contre les 4*4 :
Martin, vicieux comme un chat, joue avec sa proie avant de la tuer :
Et m’offre ce festin :
L’anglais, quant à lui, a préféré ingurgité l’Irlandaise.
Blagues à part, on a crevé une troisième fois, en plein Salar, et notre chauffeur avait eu nouvelle fois eu la présence d’esprit de réparer la roue de secours !
Dernière halte assez étrange avant l’arrivée à Uyuni, un cimetière de trains !
Va savoir ce que cette formule d’Einstein vient faire ici…
Ce n’est pas très lisible mais sur la photo suivante, on peut lire inscrit sur la locomotive : “On recherche un mécanicien expérimenté, c’est une urgence”, c’est bien de ne pas perdre le sens de l’humour!
Une photo de notre cuisinière et de notre chauffeur, qui ont vraiment été irréprochables. Pour eux, et en particulier pour le chauffeur, le tour est extrêmement éprouvant : notre chauffeur, une fois ses 8 à 12 heures de route achevées, il fallait encore réparer les roues crevées, réviser le 4*4… Et ils nous ont expliqué qu’ils pouvaient repartir dès le lendemain pour un tour de 4 jours. Avec Martin, on est ressorti bien épuisés de ce tour, en particulier moi puisque j’ai gagné une visite à l’hôpital le lendemain !
Dernière photo de l’article, prise à Uyuni, ça refroidit un peu :
Traduction : La patrie doit vive, c’est pourquoi nous devons mourir. On vous laisse sur cet élan de militarisme, à très bientôt, prenez soin de vous ! Paulo et Martinos Ajouter un commentaire { Page précédente } { Page 4 sur 21 } { Page suivante } |
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