La traversée de l'Atlantique à vélo... ah non pardon, Paulo et Martin à la découverte de l'Amérique du Sud

Au pays des gauchos

10:00, 3/07/2008 .. 0 commentaires .. Lien

C’est sous un ciel plein de nuages que nous arrivons à Porto Alegre, capitale des gauchos, dans la soirée de ce samedi 28 juin.

 

Sur les indications d’un sympathique brésilien, qui nous met bien en garde contre la dangerosité des rues, nous nous installons à la table d’un restaurant « por kilo ». Principe : on fait notre choix parmi un bon buffet, on pèse l’assiette et on paye le repas au kilo, quel que soit ce qu’il y a dans l’assiette. Et en plus c’est bon !

 

Ce soir-là, nous n’arrivons pas à joindre Fabio, contact que nous avons établi à Porto Alegre grâce au site internet hospitalityclub.org. Nous sommes donc obligés de prendre une chambre dans un hôtel. Ce sera a priori le plus cher du voyage, et loin d’être le meilleur. Ensuite, impossible de retirer des reais, la monnaie ici. 23h, les distributeurs sont fermés, on ne rigole pas avec la sécurité ici ! On se retrouve complètement démunis d’argent. Dommage pour la caipirinha qui nous tentait bien, il nous reste plus qu’à aller dormir.

 

Le lendemain, après avoir réussi à joindre Fabio et pris rendez-vous pour le soir, on part en ballade dans les rues de Porto Alegre. Pour commercer, on tombe par hasard sur une exposition d’art urbain. Vraiment de très belles œuvres. Puis on continue par la visite du musée militaire, avec une bonne partie consacrée à l’histoire du Rio Grande do Sul (RS), très intéressante. L’état du RS a été indépendant pendant quelques années, et même s’il a été réintégré au Brésil, il n’en reste pas moins très indépendant par rapport au reste du pays. D’ailleurs, les habitants de Santa Catarina, l’état voisin du nord, considèrent le RS comme un pays étranger. C’est un peu exagéré, mais ça donne une idée de l’ambiance. On termine la visite de ce musée en nous amusant dans les chars comme des grands enfants ! Et on hallucine aussi devant un panneau qui dit « Être militaire, ça ne s’explique pas, ça se sent ! » et qui vante le statut de militaire…

 

Il sera dit que cet après-midi on tombera bien bas. On termine au cinéma, pour aller voir « sex and the city – le film ». Difficile à croire, n’est-ce pas ? En excuses, on vous dira que j’avais déjà vu l’autre film proposé, et que le moral étant tombé bien bas, après l’excitation de la semaine à vélo et les galères que nous avons subi depuis l’entrée au Brésil. Se poser devant un film et ne pas se prendre la tête, c’est vraiment ce dont on avait besoin ! Et après le film, les galères continuent,  la pire de toute : la carte mémoire de l’appareil se bloque ! Oui, c’est à ce moment. On a passé les heures qui ont suivies à nous remémorer toutes les photos mémorables qu’elle contenait. On se raccroche à l’espoir qu’une fois revenu en France, en la portant au fabricant, le miracle se produise ! Il y avait vraiment de belles photos sur la carte…

 

Heureusement, pour nous redonner un peu le moral, on retrouve enfin Fabio, qui nous emmène chez lui. Sa maison est encore en construction, mais il vit déjà à moitié dedans. Il se construit une grande maison, avec beaucoup de place spécialement pour accueillir tous les voyageurs de passage comme nous. Très sympathique, le Fabio. On découvre avec lui les X (prononcez chis) brésilien, une sorte de hamburgers avec du mais, des petits pois… On discute de voyage, de foot… Porto Alegre est connu pour être le symbole des villes à démocratie participative, une illusion selon lui. Il nous dit que les gauchos sont consultés seulement sur des sujets mineurs, et que leur avis n’est pas toujours respecté.

 

Le lendemain, on part à la découverte de la Serra Gaucha, les petites montagnes au nord de Porto Alegre. Première étape : Canela. C’est une ancienne colonie suisse, et l’architecture du coin est là pour le rappeler. On découvre les réalités du tourisme dans le Rio Grande do Sul. C’est cher et pas fait pour les routards. Les transports en commun sont très peu développés, mais les touristes sont pour la plupart les riches habitants de Porto Alegre qui se déplace en voitures. On élit domicile dans un camping aussi cher qu’un bon hôtel en Argentine… et on finit la journée par une ballade dans une forêt d’araucarias, arbre typique de l’endroit.

 

Le lendemain, on visite le Parque Nacional do Caracol, et sa célèbre cascade de 130m. L’unique bus à destination du parc est celui qui amène les employés pour l’ouverture. On fait donc le voyage en leur compagnie. On se ballade la matinée, le cadre est beau, très beau même. La ballade fait du bien, on est toujours pas remis des galères de ces derniers jours, mais ça commence à aller mieux.

 

On prend ensuite la direction de Cambará do Sul, point de départ pour la visite des parcs des canyons. La Serra Gaucha, qui culmine à une altitude moyenne de 1000m environ, tombe à pic à quelques kilomètres de l’océan, formant de magnifiques canyons. Pour la nuit, on trouve une sympathique cabane à prix accessible, avec eau chaude (ca faisait longtemps) et des lits vraiment super confortables !

 

Par contre, niveau bus, c’est toujours la galère. On arrive tant bien que mal à comprendre l’horaire du départ vers le parc que nous voulions visiter, par contre pour le retour, on sait pas trop, il passe peut être à telle heure, mais c’est pas sur !

 

C’est donc avec la tente et de quoi vivre deux jours, au cas où, que nous prenons la direction du Parque Nacional Aparados da Serra, où on peut admirer le magnifique canyon Itaimbezinho.

Les photos se passent de commentaires. Juste imaginez-vous marcher tranquillement dans une forêt qui ne paye pas de mine, avec toujours plein d'araucarias... 

...et arriver tout d’un coup devant ça :

 

Décidément, les merveilles de la nature oeuvrent à nous faire oublier les misères humaines.

 

En voyant la pluie qui arrive, on oubli notre idée de camping et de retour à pied, et on demande à un couple de touristes gauchos de nous ramener vers Cambará, ce qu’ils font très gentiment. Il ne faut pas que les galères que nous avons connues pendant ces quelques jours nous fassent oublier toutes les belles rencontres que nous avons faites.

 

Finalement, on pose la tente sur la colline qui surplombe la ville pour une belle dernière soirée dans le Rio Grande do Sul. On prend le lendemain la direction de Florianopolis, dans l’état de Santa Catarina.   

Et puisque toute économie est bonne à prendre, nous décidons de rejoindre Floripa (pour les intimes) en stop. Un bus nous descend de la Serra Gaucha et nous pose sur la route principale qui relie Porto Alegre à Florianopolis. Assez rapidement, on est pris par un VRP de HerbaLife, qui parcourt le sud du Brésil pour vendre sa poudre magique. Un personnage bien original, mais vraiment sympa. Il nous pose à Ararangua dans un coin parfait pour autostoppeur : à la sortie d’un rond point avec un bon espace pour que les voitures s’arrêtent. Et nous laisse en cadeau un énorme pain de manioc, finalement assez indigeste.

 

Deux heures d’attente et de nombreuses fausses joies plus tard (les grosses berlines ne s’arrêtaient pas pour nous, mais pour deux prostituées postées quelques mètres plus loin), on se dit que tout compte fait ce coin n’est pas si parfait pour le stop. Mais il ne faut jamais désespérer, et alors que la pluie commence à tomber, on est pris par un jeune brésilien. Pas le temps de faire sa connaissance, sa voiture tombe en rade quelques kilomètres plus loin, nous laissant un peu au milieu de nulle part.

 

On reprend notre mal en patience une paire d’heure et on est enfin pris par un ingénieur, à qui nous demandons finalement de nous emmener à Criciúma où nous prendrons le bus pour Floripa. En effet, il commence à se faire bien tard, et nous n’avons pas fait la moitié du chemin… Très sympa ce dernier chauffeur, Volmir de son prénom. Il a fait pas mal de stop quand il était jeune et nous conseille de faire quand même bien gaffe. Il a eu une histoire assez folle apparemment. Il serait parti, avec presque rien dans les poches, de sa campagne natale pour rejoindre Floripa, trouver du boulot, financer ses études, et finalement bien réussir.

 

On atteint notre destination dans la soirée, c’est le début de l’émerveillement !


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